Les comités de nomination doivent gagner en responsabilité pour désigner les dirigeants
La succession des dirigeants dans les entreprises du SBF 120 reste un sujet tabou, constate le baromètre 2011 de CTPartners. Alors que 30% des dirigeants ont plus de 60 ans, seulement huit successions sont annoncées d’ici à 2012, dont deux exemples de transition en douceur prévue de longue date: BNP Paribas et Michelin.
La promotion interne reste largement privilégiée: 67,5% pour le SBF 120 et 75% pour le CAC 40. La proportion monte à 75% dans les télécoms et médias et à 85% dans le BTP. Mais avec la crise, les recrutements externes ont nettement progressé: 26,7% pour le SBF 120 cette année, contre 17% en 2008.
De fait, les décisions doivent parfois être prises rapidement. Si plus d’un tiers des remplacements s’explique par le départ à la retraite, 20% proviennent de divergences stratégiques, 15% d’une crise de l’entreprise ou de la sous-performance du dirigeant, et 15% d’un départ volontaire du patron.
Dans le contexte actuel, le cabinet de conseil en recherche de dirigeants et d’administrateurs émet des recommandations pour détecter le bon talent. D’abord, généraliser les comités de nominations et de rémunération, ce qui semble aujourd’hui acquis. Mais aussi leur permettre de travailler efficacement. CTPartners recommande aux membres de ce comité de demander un élargissement de leurs responsabilités aux problématiques de succession, mais aussi d’intégrer le DRH, ou un profil similaire. Enfin, les conseils doivent se préparer aux imprévus et mettre en place des plans de succession pour l’ensemble des cadres dirigeants.
Le sujet est d’autant plus crucial que la confiance dans les dirigeants s’effondre! L’étude «Trust & Purpose» de Burson-Marsteller et PSB révèle que la confiance des Européens envers les directeurs généraux a chuté de 48%. Ils estiment qu’ils ne pensent pas assez à l’intérêt général et sont avant tout motivés par leur profit personnel (48%) et par la recherche d’une reconnaissance personnelle (14%). Pour 60% des sondés, les DG sont moins dignes de confiance que leurs propres collaborateurs. Pour 89% des Français, la priorité des entreprises devrait être «de penser à leurs clients et à leurs collaborateurs et d’assurer une gestion éthique et responsable de leur activité». Or, les trois quarts estiment que les entreprises se soucient d’abord de la rentabilité pour leurs actionnaires.
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