Les cessions d’Activision et d’Universal Music répondraient à la décote de Vivendi
Vivendi vit ses derniers mois dans sa forme actuelle. Le départ de Jean-Bernard Lévy de la présidence du directoire après dix ans dans le groupe ouvre la voie à une réforme du modèle. Rien ne sera décidé dans l’immédiat, d’autant que la direction nommée jeudi n’est qu’intérimaire. Mais des cessions d’actifs sont attendues à moyen terme. Objectifs: détendre la pression de la dette, éventuellement retourner une partie du produit aux actionnaires, et rendre le modèle plus efficace afin de revaloriser l’action.
Selon Credit Suisse, en pure théorie financière, l’option la plus positive pour le cours de Bourse serait la cession de l’opérateur brésilien GVT, estimé à 7,6 milliards d’euros. Après un programme de rachats d’actions, l’opération porterait le titre Vivendi jusqu’à 23,1 euros, contre 14,63 euros vendredi soir. Mais la cession de GVT est peu probable: le groupe perdrait son principal moteur de croissance. En revanche, l’idée d’une cession d’Activision-Blizzard fait l’unanimité sur le marché. La filiale de jeux vidéo génère de la croissance, mais elle n’est détenue qu’à 63%, la maison mère accède difficilement au cash et ne dispose que d’un contrôle relatif sur le management. Selon Credit Suisse, sa vente rapporterait 4,9 milliards d’euros nets et aurait un impact positif de 37% sur le cours de l’action.
Dans la foulée, cette opération pourrait être suivie par la vente d’Universal Music, estimé par Natixis environ 5 milliards d’euros, en tenant compte d’EMI dont le rachat est encore soumis à l’approbation de la Commission européenne. Des fonds de private equity avaient montré leur appétit pour EMI et pourraient être tentés par le numéro un mondial d’un marché en redressement. «Vivendi serait alors recentré sur les télécoms (SFR, Maroc Telecom, GVT et Canal+) et afficherait un profil très ramassé, qui ne justifierait plus une décote de holding», juge Natixis.
Enfin, si Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance, dit n’avoir aucun tabou sur les activités de Vivendi, la cession de SFR paraît compliquée. L’opérateur se prépare à un large plan d'économies. Et en supposant qu’un acquéreur potentiel se présente, il est peu probable qu’il accepte de payer le même prix que Vivendi lorsque ce dernier a racheté à Vodafone 44% du capital de SFR début 2011. L’opérateur était alors valorisé 18 milliards d’euros à 100%. Pour Deutsche Bank, sa valeur d’entreprise n’est plus aujourd’hui que de 14 milliards.
Plus d'articles du même thème
-
Les grandes banques espagnoles maintiennent le cap malgré la guerre au Moyen-Orient
La vitalité de l'économie du pays et la diversification des modèles soutiennent la trajectoire des principaux acteurs bancaires. -
Le potentiel de progression des marchés actions est désormais très limité
Les indices européens et américains sont attendus en hausse de 2 % à 3 % en six mois et de 6 % à l'horizon d'un an. Les perspectives sont encore plus réduites pour le Nikkei, qui a pris beaucoup d’avance, avec un gain de 18 % depuis le début de l’année. -
Les investisseurs en crédit se montrent prudents mais confiants
Les sociétés de gestion du panel crédit de L’Agefi restent majoritairement dans la neutralité quant à leur exposition au crédit et aux perspectives à un mois. Une douzaine d’entre elles optent toutefois pour la surpondération sur cette classe d’actifs.
ETF à la Une
Schroders lance un ETF actif sur les actions américaines en Europe
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
- Le gendarme de l'assurance suspend le courtier Jacques Pilliot
Contenu de nos partenaires
-
ReprésaillesRetrait de troupes américaines d'Allemagne : pourquoi la menace de Trump n'inquiète pas tant Berlin
Le président américain a affirmé samedi que le nombre serait bien supérieur aux 5 000 soldats évoqués par le Pentagone -
Chair de pouleDans le Pas-de-Calais, un projet d'élevage de poulets label rouge déchaîne les passions
C'est un de nos paradoxes. Quoique la France importe la moitié des poulets qu'elle consomme, les projets d'implantation d'élevages locaux, même de petite taille, se heurtent à des oppositions sociétales farouches -
CashOlivier Faron : « Une hausse raisonnable des frais d’inscription est nécessaire pour tous les étudiants »
Le conseiller du Medef prend position dans le débat ouvert sur le financement de l’enseignement supérieur public