«Les bonnes pratiques de l’IFA sur les RH doivent provoquer une prise de conscience»

Jean-Paul Bailly, revient pour L’Agefi sur les travaux du groupe de travail de l’IFA « Gouvernance, Ressources Humaines et Performance » qu’il préside.
Bruno de Roulhac

- L’Agefi : Pourquoi l’Institut français des administrateurs (IFA) a-t-il lancé une nouvelle réflexion sur le capital humain ?

- Jean Paul Bailly : Avec l’accélération de la mondialisation et de la digitalisation, l’évolution des attentes des salariés, les sujets de santé et de stress au travail, les sujets RH sont en forte croissance. Les dix bonnes pratiques que propose l’IFA doivent provoquer une prise de conscience, afin d’améliorer la performance de l’entreprise.

- Dans quelle instance doivent être traités les sujets de ressources humaines ?

- Comme tout sujet, la question de politique RH doit d’abord être traitée dans un comité spécialisé. A défaut de comité ad hoc et en fonction des sociétés, le comité de nomination, de rémunération, de gouvernance, ou de RSE doit s’en emparer. Le président du conseil d’administration ou de surveillance doit s’assurer à la fois de l’existence d’un rapport substantiel émis par le comité, et d’un réel débat sur ce rapport en conseil. Ce qui est encore très loin d’être la norme aujourd’hui. Trop longtemps, les questions RH ont été considérées comme relevant de l’interne.

- Comment s’articulent les liens entre conseil et comité exécutif ?

- Cette articulation est difficile. Le conseil n’a pas à se substituer aux responsabilités du président et du comité exécutif. Il identifie les enjeux, fait des préconisations, sans pour autant définir la politique à mettre en place, et s’assure que les conditions sont réunies pour la mise en œuvre. Nous avons relevé trois grands thèmes : la gestion des talents ; l’engagement de chaque collaborateur, vital pour la performance de l’entreprise (selon une étude mondiale, seulement 13% des salariés se sentent engagés) ; le leadership, qui doit permettre de développer la fidélisation et l’engagement des collaborateurs.

- Quel est le rôle propre du DRH ?

- Le travail du DRH est particulièrement important lors d’opération structurante. Nous proposons, et c’est un élément très novateur, que la dimension RH soit intégrée très en amont, dès les due diligences lors d’une acquisition, par exemple.

- Ne faut-il pas davantage de profil RH au sein des conseils ?

- Le mouvement actuel va dans ce sens. La recherche de la complémentarité des compétences monte en puissance. Le profil de DRH qui auparavant a occupé un poste de direction opérationnel est tout particulièrement demandé, notamment s’il a traversé avec succès des opérations structurantes difficiles.

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