Les bénéfices des géants miniers sont rongés par l’inflation salariale et la hausse des coûts
Les grands groupes miniers paient le revers de la médaille de la flambée du prix des matières premières. Rendus multimilliardaires par l’envolée des cours du cuivre, du charbon ou des métaux précieux, Anglo-American, Xstrata ou Rio Tinto sont aujourd’hui confrontés à une vague de revendications salariales à travers le monde qui, couplée à la hausse des coûts de production (énergie…), érodent leurs résultats dans des proportions plus fortes qu’anticipé. Bien qu’en hausse de 35% à 7,8 milliards de dollars, à un niveau record, le bénéfice trimestriel de Rio Tinto est plus de 3% inférieur au consensus. A Londres, le cours de l’action du numéro deux mondial des mines a chuté de 3,13% à 3.889,50 pence, tombant à son plus bas niveau depuis le mois de mars.
Comme le reconnaît l’analyste de RBC Capital Markets, dans un marché favorable, la différence de bénéfice serait passée inaperçue. Mais dans le contexte actuel, elle renforce les craintes des investisseurs. La direction de Rio Tinto se dit d’ailleurs inquiète des conséquences de la crise de la dette souveraine. Elle s’attend à des taux de croissance de ses revenus supérieurs à la moyenne historique du groupe mais avec une plus grande volatilité. Déjà, au premier semestre, la baisse des volumes a représenté un manque à gagner de 444 millions de dollars pour Rio Tinto. Les effets de change, liés à la robustesse du dollar australien, du rand sud-africain ou du peso chilien, ainsi que la hausse des coûts de l’énergie lui ont coûté 2,1 milliards de dollars. Selon RBS, les coûts supportés par Xstrata dans ses mines de cuivre ont augmenté de 29% au premier semestre 2011, après une hausse de 20% au second semestre 2010.
Préoccupante, cette inflation ne met pas pour autant en péril la santé financière des groupes miniers. Pour compenser la déception de ses résultats semestriels, Rio Tinto augmente à la fois son dividende intermédiaire (à 54 cents contre 45 un an auparavant) et son programme de rachats d’actions de 2 milliards de dollars supplémentaires (à 7 milliards au total d’ici au premier trimestre 2012). Enfin, en vendant pour plus de 11 milliards de dollars d’actifs depuis 2008 pour absorber l’acquisition d’Alcan qui avait multiplié par 19 sa dette, et grâce à ses cash flow (12,9 milliards au premier semestre) Rio Tinto a restauré son bilan. Fin juin, sa dette nette représentait 8 milliards de dollars, contre près de 40 milliards fin 2008.
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