Les banques formulent une dernière proposition pour la Saur

Les créanciers ont ajouté deux clauses de «respiration» à leur offre. Mais le montant résiduel de dette reste supérieur aux souhaits de la société
Olivier Pinaud

Le compte à rebours pour éviter le redressement judiciaire de Hime, la holding de contrôle de la Saur, s’accélère. Le mandataire ad hoc et le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri), sous l’égide desquels se déroulent les interminables négociations entre les parties, doivent recevoir dans les prochaines heures la dernière proposition écrite de refinancement formulée par les banques créancières de Hime.

«Les banquiers ont fait leur part d’efforts et n’iront pas plus loin», affirme une source proche des banques, qui espère que l’offre convaincra les deux tiers des créanciers, seuil indispensable pour valider la conciliation. La volonté de sortie de Lloyds du comité de crédit a semé le doute. Hier, la créance de 140 millions d’euros n’a pu être traitée sur le marché secondaire, selon des sources de marché. «Acheter de la dette de Hime aujourd’hui, même très décotée, alors qu’un redressement judiciaire est possible en juillet, est extrêmement risqué», indique une source.

L’offre finale des banques prévoit de ramener la dette de Hime de 1,85 milliard d’euros à 950 millions d’euros, soit environ 4 fois l’Ebitda estimé pour 2019, et d’injecter 200 millions d’euros de «new money» via de la dette subordonnée. Elle permettrait de réduire la charge d’intérêt à 30 millions d’euros par an, contre 90 millions actuellement, niveau intenable pour la Saur.

L’offre est accompagnée de deux clauses d’assouplissement. La première prévoit un report du paiement des intérêts en cas de difficultés de la structure opérationnelle. La seconde propose de réduire à 800 millions d’euros la dette résiduelle en 2019, au moment de son refinancement, en cas de complication du plan d’affaires de la Saur. Un délai de refinancement d’un an supplémentaire pourrait également être accordé. Enfin, concernant la gouvernance, les banques créancières proposent la nomination de Jean-Pierre Rodier, l’ancien président de Pechiney, au futur conseil de surveillance de la Saur, Olivier Brousse, l’actuel PDG, conservant les commandes opérationnelles.

Pour être retenue, la proposition doit être approuvée par les actionnaires de Saur (FSI, Séché, Cube et Axa PE) et par la société elle-même. Or, il n’est pas sûr qu’elle le soit. Même à 800 millions d’euros, le montant de dette résiduelle reste supérieur aux 700 millions jugés supportables par la Saur, soit 3 fois l’Ebitda pour 2019.

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