Les ambitions indonésiennes d’Eramet tirent la valorisation du groupe
Alors que son capital est au centre des attentions, avec un probable rachat par le Fonds d’investissement stratégique (FSI) du bloc de 26% détenu par Areva, Eramet ne dévie pas de ses projets. Le producteur d’alliages doit prendre dans les prochaines semaines la décision de lancer en Indonésie le projet Weda Bay Nickel qui vise à créer une unité capable de produire 65.000 tonnes de nickel par an. Le groupe et ses partenaires négocient le financement bancaire. S’il est validé, le projet serait lancé en deux phases, dont la première nécessiterait un investissement d’environ 3 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros).
Mitsubishi Corporation, le partenaire du français dans ce projet, vient de vendre 3,4% du capital de Strand Minerals, la société qui détient 90% de Weda Bay Nickel, le solde étant entre les mains du gouvernement local. Le groupe japonais en détient encore 30%. Areva est à la tête de 66,6%. Ces 3,4% ont été rachetés par la société japonaise Pacific Metals pour un montant de 3 milliards de yens, soit environ 30 millions d’euros. «La valeur indicative du projet à 100% approche les 944 millions d’euros, tandis que la participation d’Eramet au projet est valorisée à environ 566 millions d’euros», explique le groupe français. Hier soir, après une hausse du cours de 2,03%, à 89,28 euros, Eramet capitalisait 2,36 milliards.
Encore hypothétique, ce projet n’est pas totalement intégré par les analystes dans leur modèle de valorisation mais sera inévitablement abordé lors des discussions sur le prix de transaction entre le FSI et Areva. Sur la base du cours actuel, le bloc est valorisé 613 millions d’euros, soit plus du tiers de l’enveloppe de fonds supplémentaires que l’Etat est prêt à allouer au FSI.
Autre sujet au cœur des discussions: les droits de vote. Areva, qui a hérité de la participation de la Cogema, qui la tenait elle-même de l’établissement public Erap, bénéfice de droits de vote double du fait de son ancienneté au capital. Le groupe de nucléaire détient 25,69% du capital mais près de 31% des droits de vote. Une vente du bloc entraînerait une perte des droits de vote doubles et donc la rupture du «sacro-saint» équilibre au capital d’Eramet. La famille Duval, liée à Areva par un pacte, est à la tête de 36,9% du capital et d’un peu plus de 43% des droits de vote via les holdings Sorame et Ceir. La vente du bloc devra ainsi être complétée par la signature d’un nouveau pacte.
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