Les administrateurs français du CAC 40 ne sont pas assez assidus
Si la France affiche de bonnes pratiques de gouvernance par rapport aux autres pays européens selon l’étude bisannuelle de Heidrick & Struggles, les administrateurs du CAC 40 font partie des moins assidus, avec un taux de présence de 89%, contre 92% en Europe. Un taux qui doit être relativisé, beaucoup d’entreprises ne dévoilant pas leurs chiffres.
Cette moindre disponibilité s’explique par la composition des conseils français. Sur 14,5 membres en moyenne, 6,5 sont administrateurs ou présidents de trois sociétés cotées ou plus, soit un taux de 47%, le plus élevé d’Europe. De plus, les comités se réunissent 16,4 fois par an en France (15 fois en Europe), et les conseils 9 fois par an en France (9,4 fois en Europe).
Spécificité française, plus de la moitié des comités de nomination et de rémunération sont conjoints – pour une moyenne de 27% en Europe – alors qu’ils sont toujours dissociés au Royaume-Uni et en Allemagne. Or, cette séparation est importante pour Heidrick & Struggles. Quant aux comités des risques, ils n’existent que dans 15% des sociétés européennes et du CAC 40, essentiellement chez les financières.
Au sein du conseil, il faut «accepter de définir et clarifier les rôles et les responsabilités du président, du directeur général et des administrateurs», précise Pascal Gibert, associé chez Heidrick & Struggles. Mais aussi, encourager le conseil à échanger avec le top management, organiser en amont un débat sur les priorités stratégiques… Le rôle du secrétaire général est particulièrement important pour «huiler les rouages du conseil», ajoute Catherine Albert-Roulhac, responsable de l’étude. Des efforts restent à faire dans tous les pays sur l’évaluation du conseil, dont le processus est encore peu structuré (audit interne ou externe, questionnaire ou entretien, etc.) et la communication très hétérogène.
Avec 63% d’administrateurs en France qui sont DG ou anciens DG, la proportion la plus élevée d’Europe, «on peut parler de barrière d’entrée dans les conseils», poursuit Catherine Albert-Roulhac. Les conseils français arrivent néanmoins à attirer des étrangers (27% du conseil, contre 24% en Europe), malgré la faible rémunération offerte, 55.000 euros, contre 77.000 euros en Europe. Or, un président du conseil du CAC 40 touche 404.000 euros, contre 292.000 en Europe! De fait, la rémunération s’avère bien plus élevée quand le président non exécutif est l’ancien PDG.
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Meta annonce 8 000 licenciements pour accélérer sur l’intelligence artificielle
New York - Meta a annoncé jeudi en interne le licenciement de 8.000 personnes, soit environ 10% de ses effectifs, ainsi que la suppression de 6.000 postes actuellement non pourvus, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier. Dans un mémo, la responsable des ressources humaines, Janelle Gale, a justifié cette décision par la volonté de «gérer l’entreprise plus efficacement et de compenser les investissements» du groupe, engagé dans une course effrénée à l’intelligence artificielle (IA). Meta comptait 78.865 employés fin décembre, selon des documents transmis au régulateur américain des marchés, la SEC. Fin 2022, la maison mère des réseaux sociaux Facebook et Instagram avait lancé un premier plan social portant sur 11.000 postes, avant un second, en mars 2023, incluant 10.000 personnes supplémentaires. Entre fin 2023 et fin 2025, les effectifs de Meta ont cru de plus de 11.000 salariés, en net. Même si l’IA n’a pas été mis en avant pour contextualiser la contraction annoncée jeudi, fin janvier, le PDG Mark Zuckerberg avait fait un lien direct entre cette technologie et des économies de coûts. «Des projets qui auparavant auraient nécessité de grosses équipes sont maintenant menés à bien par une seule personne de grand talent», avait-il affirmé. En conséquence, «nous parions sur les contributions individuelles et réduisons la taille des équipes». Dans le même temps, Meta dépense des sommes colossales dans le développement et l’utilisation de l’IA. L’entreprise de Menlo Park (Californie) prévoit ainsi d’investir entre 115 et 135 milliards de dollars en 2026, en grande partie pour s’assurer de capacités suffisantes pour l’IA, des puces aux centres de données. Fin février, Meta a fait état d’un accord avec l’américain AMD portant sur l’achat de millions de puces, pour au moins 60 milliards de dollars. Quelques minutes après la diffusion de la nouvelle, l’action Meta abandonnait près de 3% à la Bourse de New York. © Agence France-Presse