Les actions des sociétés européennes affichent encore un potentiel de baisse
La valorisation apparemment faible des actions européennes semble insuffisante pour entraîner un rebond durable des marchés, après leur décrochage de plus de 20% par rapport à leur plus haut annuel. A l’exception de l’indice suisse SMI qui se traite à près de 13 fois les bénéfices estimés pour l’année en cours, les principaux marchés boursiers de la région affichent pourtant un PER compris entre 8,5 et 10 fois, contre 12,5 fois pour le S&P 500. A 9,1 fois les bénéfices estimés pour 2011, le DJ Stoxx 600 enregistre une décote de 25% par rapport à la moyenne des cinq dernières années et il se situe au plus bas depuis mars 2009, lorsqu’a débuté le précédent mouvement haussier des indices.
Mais ces ratios doivent être interprétés à l’aune des résultats semestriels des sociétés européennes, les plus décevants depuis deux ans. Sur 300 entreprises ayant publié leurs comptes, les analystes de BoA-Merrill Lynch ont calculé que le bénéfice par action «est ressorti inférieur aux attentes dans 42% des cas». De plus, «ce niveau de valorisation est fondé sur un consensus des analystes qui anticipe toujours une progression d’environ 15% des bénéfices pour l’exercice 2012», après une croissance de 10% cette année, soulignent les analystes de la Société Générale, en tablant sur une poursuite de la forte volatilité des marchés.
«Si le scénario d’une récession venait à se préciser, les bénéfices des entreprises pourraient chuter de 15% à 20% et les marchés encore baisser dans des proportions similaires», prévient Patrick Moonen, stratége actions chez ING IM. Il anticipe pour sa part un simple ralentissement économique et une croissance nulle des bénéfices pour 2011 et 2012. Les analystes de BoA-Merrill Lynch jugent qu’un retour en récession (double dip) «pourrait entraîner une chute supplémentaire de 29% du DJ Stoxx 600, si l’on retient le PER plancher de 7 fois atteint en mars 2009».
Cherchant à rassurer les marchés, Olivier Bailly, porte-parole de la Commission européenne, a déclaré hier que les prévisions économiques de Bruxelles étaient «plus positives que les analyses réalisées par les acteurs des marchés financiers». Le «double dip» devrait cependant être privilégié par les investisseurs «jusqu’à fin août, au moment où la Fed pourrait annoncer un nouveau programme d’assouplissement quantitatif (QE3)», avance Todd Martin, stratégiste actions de la Société Générale.
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