Les actionnaires italiens d’Edison mettent EDF au pied du mur
Notre proposition aux Français est à prendre ou à laisser». Tel est l’ultimatum lancé hier à EDF par Graziano Tarantini, président du conseil de surveillance d’A2A et membre d’un mouvement conservateur très puissant, à l’issue d’une réunion avec le ministre du Développement économique, Corrado Passera. Les actionnaires italiens d’Edison, réunis dans Delmi - qui contrôle à 50/50 avec EDF la holding TdE, actionnaire à 61,3% du producteur transalpin - exigent d’obtenir Edipower, filiale d’Edison. En échange, le français prendrait le contrôle d’Edison. «Edison à EDF et Edipower à Delmi», résume Graziano Tarantini.
Une volte-face aux allures de protectionnisme économique, alors que les actionnaires italiens (regroupant A2A, Iren, BPM et Mediobanca) avaient accepté le partage des actifs d’Edipower dans le cadre de l’accord de principe trouvé fin octobre (L’Agefi Quotidien du 2 novembre). Les dirigeants d’EDF devront accepter cette proposition, « s’ils ne veulent pas la guerre », a rajouté Bruno Tabacci, adjoint aux Finances à la mairie de Milan, qui fait également partie de la mouvance démocrate chrétienne. Corrado Passera considère qu’une telle opération serait «stratégique» pour le pays, et A2A et Delmi bénéficieraient du soutien du gouvernement italien.
L’intention d’EDF de proposer une augmentation de capital d’un milliard d’euros à Edison, ainsi que la répartition de la dette d’Edipower, constitueraient le nœud de la discorde qui aurait réveillé la contre-attaque italienne. Delmi, qui détient déjà 30% d’Edipower à travers A2A et la société Iren, veut donc racheter la part de 50% détenue par Edison et celle de 20% de la société suisse Alpiq, qui était pourtant déjà prête à la céder à EDF. Déjà reportée à quatre reprises, la date butoir pour la signature d’un accord définitif concernant la restructuration d’Edison, fixée au 30 décembre, pourrait une nouvelle fois être repoussée.
La fusion de Delmi et Edipower donnerait naissance au deuxième producteur italien d'électricité derrière Enel et devant Edison. Elle viendrait contrecarrer les plans d’EDF qui avait déjà eu toutes les peines à trouver un accord pour prendre le contrôle de l'électricien italien, un enjeu stratégique pour le groupe français en plein débat sur le nucléaire. EDF a toujours la possibilité d’activer la procédure de vente aux enchères d’Edison, prévue en cas de désaccord.
Plus d'articles du même thème
-
Stellantis et Nissan négocient la reprise de certains actifs de Marelli
Le constructeur franco-italo-américain lorgnerait les systèmes de suspension de l’équipementier, tandis que son homologue nippon convoiterait les pièces d'habitacle. -
Emmanuel Maillet (April) : "L’assurance emprunteur devient un levier de croissance pour les CGP"
La résiliation à tout moment a profondément transformé le marché de l’assurance emprunteur. Porté par l’essor de la substitution et l’arrivée de nouveaux réseaux de distribution, le secteur connaît une profonde recomposition. Emmanuel Maillet, directeur général délégué en charge des activités santé, prévoyance, emprunteur et épargne chez April, décrypte les mutations à l’œuvre et les nouvelles opportunités qui en découlent. -
OpenAI pourrait reporter son introduction en Bourse à 2027
Le créateur de ChatGPT préfèrerait patienter plutôt que de se coter à une valorisation inférieure à 1.000 milliards de dollars. L'un de ses actionnaires, Softbank, en fait les frais en Bourse.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Canicule : Solidays annulé, la Marche des fiertés reportée sur demande du préfet de police
Face à des températures frôlant les 40 degrés à Paris ce week-end, le préfet de police Patrice Faure a contraint les organisateurs de Solidays et de la Marche des fiertés à annuler ou reporter leurs événements, sous peine d'interdiction par arrêté -
Seine colère« Emmanuel Grégoire se trouva fort dépourvu quand la canicule fut venue »
On assiste depuis une semaine à un naufrage dans les écoles parisiennes. Elles n’ont pu garder les enfants l’après-midi parce qu’il faisait 35 degrés dans les salles de classe, parfois davantage. Certes, beaucoup d’établissements scolaires en France connaissent pareille déconvenue durant cette canicule. Mais on n’imaginait pas qu’à Paris, après 25 ans de gestion socialo-écologiste, nous en serions à ce degré d’imprévoyance, d’impréparation et d’improvisation. -
Finances royales : au Royaume-Uni, Charles III mise sur la transparence et révèle un impôt record
Premier monarque britannique à dévoiler publiquement sa contribution fiscale, Charles III a révélé avoir acquitté plus de 30 millions de livres d'impôts depuis son accession au trône en septembre 2022, soit environ 35 millions d'euros