Les actionnaires italiens d’Edison mettent EDF au pied du mur

Dans un ultimatum lancé hier, ils exigent désormais d’obtenir Edipower en échange de la prise de contrôle d’Edison par le groupe français
Patrick Aussannaire

Notre proposition aux Français est à prendre ou à laisser». Tel est l’ultimatum lancé hier à EDF par Graziano Tarantini, président du conseil de surveillance d’A2A et membre d’un mouvement conservateur très puissant, à l’issue d’une réunion avec le ministre du Développement économique, Corrado Passera. Les actionnaires italiens d’Edison, réunis dans Delmi - qui contrôle à 50/50 avec EDF la holding TdE, actionnaire à 61,3% du producteur transalpin - exigent d’obtenir Edipower, filiale d’Edison. En échange, le français prendrait le contrôle d’Edison. «Edison à EDF et Edipower à Delmi», résume Graziano Tarantini.

Une volte-face aux allures de protectionnisme économique, alors que les actionnaires italiens (regroupant A2A, Iren, BPM et Mediobanca) avaient accepté le partage des actifs d’Edipower dans le cadre de l’accord de principe trouvé fin octobre (L’Agefi Quotidien du 2 novembre). Les dirigeants d’EDF devront accepter cette proposition, « s’ils ne veulent pas la guerre », a rajouté Bruno Tabacci, adjoint aux Finances à la mairie de Milan, qui fait également partie de la mouvance démocrate chrétienne. Corrado Passera considère qu’une telle opération serait «stratégique» pour le pays, et A2A et Delmi bénéficieraient du soutien du gouvernement italien.

L’intention d’EDF de proposer une augmentation de capital d’un milliard d’euros à Edison, ainsi que la répartition de la dette d’Edipower, constitueraient le nœud de la discorde qui aurait réveillé la contre-attaque italienne. Delmi, qui détient déjà 30% d’Edipower à travers A2A et la société Iren, veut donc racheter la part de 50% détenue par Edison et celle de 20% de la société suisse Alpiq, qui était pourtant déjà prête à la céder à EDF. Déjà reportée à quatre reprises, la date butoir pour la signature d’un accord définitif concernant la restructuration d’Edison, fixée au 30 décembre, pourrait une nouvelle fois être repoussée.

La fusion de Delmi et Edipower donnerait naissance au deuxième producteur italien d'électricité derrière Enel et devant Edison. Elle viendrait contrecarrer les plans d’EDF qui avait déjà eu toutes les peines à trouver un accord pour prendre le contrôle de l'électricien italien, un enjeu stratégique pour le groupe français en plein débat sur le nucléaire. EDF a toujours la possibilité d’activer la procédure de vente aux enchères d’Edison, prévue en cas de désaccord.

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