Les actionnaires et la direction de FPEE se déchirent sur la valorisation de la société
Le fondateur-actionnaire porté sur les épaules de ses anciens salariés devant des affiches «Je suis FPEE». L’annonce la semaine dernière de l’éviction de la direction du menuisier industriel par ses actionnaires, Naxicap, Pragma Capital et Equistone, a provoqué un vif émoi. Le site du groupe dans la Sarthe a été bloqué hier par plusieurs centaines de salariés. Les représentants des réseaux Arts & Fenêtres et Ouvertures, les deux principaux clients de FPEE, étaient également sur place pour exprimer leur soutien à la direction. Une rencontre a été organisée sur place avec Olivier de la Morinière, le nouveau président de la société nommé par les fonds actionnaires.
Olivier de la Morinière va devoir jouer les casques bleus entre Marc Ettienne, le fondateur et toujours actionnaire de FPEE, et les trois fonds. Si l’opération de dividend recap envisagée au printemps 2014 a servi de détonateur dans la dégradation des relations entre les deux parties, le cœur de la discorde porte sur la valorisation de la société. Toujours investi à hauteur de 28%, Marc Ettienne a proposé après l’échec du dividend recap de 2014 de racheter la part des fonds. Son prix, et le délai accordé, ont été jugés inacceptables par Naxicap, Pragma et Equistone.
«Une divergence de logique, les actionnaires majoritaires valorisant FPEE sur sa «valeur de marché», l'équipe de direction quant à elle par le niveau de dettes qui lui semblait supportable par l’entreprise» est à l’origine du clash, explique Olivier de la Morinière. Marc Ettienne proposait de valoriser FPEE 6 fois son Ebitda. Ses actionnaires lui ont rétorqué que le groupe de profilé en aluminium Corialis a été acheté par Advent à 9 fois son Ebitda. FPEE devrait réaliser un Ebitda de 43 millions d’euros environ en 2015.
Face au risque de dégâts sur l’activité de FPEE que pourrait provoquer ce conflit entre actionnaires, Olivier de la Morinière a proposé aux deux parties de les «remettre autour d’une table». «Nous ne souhaitons pas délocaliser la production, cela n’a jamais été notre projet. C’est une invention dont l’intention vise à semer le trouble», assurait hier à L’Agefi Jean-Pierre Créange, le président du directoire de Pragma Capital. De son côté, pour assurer une neutralité dans la direction de la société, Marc Etienne envisage de demander au tribunal de commerce la nomination d’un administrateur provisoire.
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