Les actionnaires de SoLocal comptent peser dans la restructuration du groupe
Pris en étau entre les créanciers et les dirigeants de SoLocal, les actionnaires du groupe veulent exister dans la nouvelle restructuration financière qui s’annonce. Le millier de petits porteurs réunis au sein de Regroupement PPLocal viennent de recevoir un renfort de poids. Les experts du retournement Arnaud Marion et Didier Calmels, qui ont signé le redressement du volailler Doux, ont pris 0,8% du capital de l’ex-PagesJaunes. Et Arnaud Marion a écrit la semaine dernière à Frédéric Abitbol, nommé mandataire ad hoc en juin, pour obtenir voix au chapitre.
«Il faut être trois pour négocier une restructuration : les actionnaires, les créanciers et le management, rappelle Arnaud Marion. Lorsque les dirigeants voudront faire approuver une augmentation de capital par incorporation de créances, ils devront trouver une majorité en assemblée générale, ce qu’ils ne seraient pas sûrs d’obtenir aujourd’hui.» L’homme d’affaires réclame la tenue de l’AG 2016, qui n’a toujours pas eu lieu. «L’assemblée générale qui devait statuer sur les comptes 2015 doit se réunir au plus vite. C’est le lieu du dialogue avec les actionnaires», indique Arnaud Marion, sans cacher qu’il est prêt à assumer des responsabilités chez SoLocal.
Si les petits porteurs refusent toute augmentation de capital dilutive, celle-ci semble inéluctable. La dette nette de SoLocal approchait 1,1 milliard d’euros fin 2015, avec des échéances en 2018, soit un ratio de levier de 3,8 fois l’Ebitda. Son coût moyen est de 6,37%. Les covenants bancaires limitent à 70 millions par an les investissements du spécialiste de la communication digitale locale. D’où la volonté de la direction de faire rentrer de nouveaux investisseurs au capital et de convertir une partie de la dette.
«SoLocal a réussi sa transformation digitale et génère beaucoup d’Ebitda, mais celui-ci est largement absorbé par ses frais financiers, reconnaît Arnaud Marion. La dilution des actionnaires n’est pas une fatalité. La conversion de dette et les apports en fonds propres envisagés ne peuvent cependant se faire sur la base de la valeur actuelle qui est déconnectée de la réalité.»
Le capital de SoLocal est très émietté, avec 88% de flottant. BJ Invest, un autre activiste français, détient 2% mais est resté muet à ce jour, tout comme DNCA (5%, aussi créancier) et EdRam (6%). La dette, elle, est aux mains de fonds comme Amber et Paulson.
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