Les actionnaires contestent davantage les rémunérations des patrons du CAC 40
Nul doute, la saison des assemblées générales 2012 a été placée sous le signe de la contestation des rémunérations des dirigeants. Au sein du CAC 40, près de la moitié des résolutions sensibles (celles votées à moins de 75%) concernaient les conventions réglementées portant sur les retraites chapeaux, les indemnités de départ ou les clauses de non-concurrence des mandataires sociaux, constate Capitalcom.
Et pourtant, jamais les entreprises n’ont fait autant d’efforts de transparence sur ce sujet sensible, à l’heure des réductions, voire des suppressions, de dividendes. La moitié des entreprises du CAC 40, contre un tiers l’an dernier, ont présenté une revue exhaustive de la politique de rémunération des patrons. Elles sont 13 à avoir exposé la nature des critères d’attribution de la rémunération variable, des options ou des actions de performance, et 11 (contre 4 en 2011) à détailler l’évolution du package de rémunération sur plus de trois ans, poursuit Capitalcom.
Pour la première fois, les actionnaires ont interpellé les managements sur la corrélation entre rémunération des dirigeants et politique sociale de l’entreprise. Ils demandent lisibilité et cohérence par rapport à la performance réelle des entreprises et attendent qu’une large partie de la rémunération des dirigeants soit indexée sur des indicateurs de performance de moyen et long terme.
L’Etat n’a pas été le dernier actionnaire à contester les niveaux de rémunération. Chez Safran, avec 30% des voix, il a largement participé au rejet du parachute doré et de la retraite chapeau du PDG, Jean-Paul Herteman. Tout comme chez Air France-KLM où l’indemnité de non-concurrence de l’ancien patron, Pierre-Henri Gourgeon, n’a obtenu que 19% des voix.
La question du «say on pay» a été posée dans plus d’un quart des assemblées générales, ajoute Capitalcom. Ce sujet du vote consultatif des actionnaires sur la rémunération des mandataires sociaux pourrait entrer dans le cadre du projet de loi du gouvernement sur les rémunérations des patrons prévu pour l’automne. Le PDG de France Télécom s’est prononcé pour la suppression des avantages pour les mandataires sociaux et envisage de baisser de 30% les rémunérations des hauts dirigeants. Dans le cadre de ses matinales, l’Institut français des administrateurs se penchera le 29 juin prochain sur la pertinence d’un dispositif de «say on pay».
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