Les actionnaires approuvent à 91% les rémunérations des patrons du CAC 40
Contre toute attente, le très attendu vote consultatif sur les rémunérations des dirigeants a laissé les actionnaires de marbre. Loin des frondes de ces dernières années, le «say on pay» s’avère un vrai succès avec un taux d’approbation de 91% au sein du CAC 40, un niveau quasiment le même que la société soit contrôlée (flottant inférieur à 70%) ou non, et de 88% dans le Next 80.
Pourtant, «on est loin du ‘pay for performance’ demandé hier par les gestions, explique Bénédicte Hautefort, éditrice de l’Hebdo des AG. Alors que les performances des entreprises sont globalement moins bonnes en 2013 qu’en 2012, la rémunération de leur patron a pourtant progressé». Si la rémunération totale du dirigeant a reculé de 8% pour les sociétés contrôlées, elle a augmenté de 11% dans les autres, constate l’Hebdo des AG. Or, le résultat net a baissé dans les deux cas (-50% pour les groupes contrôlés, et -35% pour les autres).
Pour cette première année, les actionnaires ont voulu en priorité saluer l’effort de transparence fait par les entreprises. Les proxys, comme ISS, se sont, semble-t-il, davantage penchés sur l’information formelle demandée par l’AMF et par l’Afep-Medef, plus que sur le lien entre rémunération du dirigeant et performance de l’entreprise. Les investisseurs ne semblent pas non plus avoir tenu compte de l’existence de plans sociaux et du niveau de rémunération moyen dans l’entreprise, alors que le projet initial du gouvernement de plafonner les rémunérations des patrons répondait à une exigence de justice sociale. Il est vrai que ni le document de référence, ni le rapport RSE, ne donne beaucoup de détails. «Seuls Essilor et BNP Paribas ont donné en AG l’échelle de rémunération dans l’entreprise », poursuit Bénédicte Hautefort.
Si les entreprises développent davantage dans leur document de référence le détail des diverses rémunérations, «lors des assemblées générales, elles ont mis en avant l’utilisation de benchmark pour justifier les rémunérations, ajoute Bénédicte Hautefort. Or, la plupart des entreprises du CAC 40 s’appuie sur des benchmarks réalisés par des cabinets américains, comprenant le plus souvent une majorité de sociétes américaines, ce qui entraîne un effet inflationniste sur les rémunérations».
Reste à connaître les conclusions qu’en tirera l’Afep-Medef. Son Haut comité de gouvernement d’entreprise dévoilera à l’automne son rapport sur cette première application du «say on pay».
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