Les acteurs des biens d’équipement à cycles longs doivent redéfinir leur stratégie
Horizon très contrasté pour le secteur des biens d’équipement. A l’occasion d’une présentation sur le secteur, Groupama AM a souligné les perspectives disparates entre cycles longs et cycles courts.
Les derniers résultats ont marqué la poursuite du redressement des activités à cycles courts, avec une amélioration de la croissance organique en séquentiel, le dynamisme des pays émergents, l’accélération de la croissance en Europe de l’Ouest et la poursuite des efforts de réduction des coûts permettant une amélioration de la marge. D’ailleurs Legrand et Schneider ont relevé leurs perspectives 2010 malgré un effet de base défavorable au quatrième trimestre.
En revanche, les dernières publications ont confirmé le retournement des cycles longs, avec des baisses de commandes significatives en génération d’électricité et transmission & distribution, une dégradation du cash flow et de la marge opérationnelle en séquentiel, et une poursuite de la pression sur les prix.
Or, la menace chinoise est particulièrement forte dans les infrastructures énergétiques et le transport. Les acteurs locaux bénéficient à la fois d’un avantage prix imbattable, de conditions de financement très favorables grâce au soutien de la Banque de Chine, et des transferts de technologie, qui vont leur permettre de répondre aux appels d’offres tant dans les émergents que dans les pays matures. C’est déjà le cas dans l’industrie ferroviaire. Dans la génération d’énergie, si les exportations des acteurs chinois se limitent aujourd’hui aux marchés émergents, «d’ici cinq à dix ans seront-ils une menace pour les marchés développés ?», s’interroge Naomie Hazan, responsable de l’analyse corporate chez Groupama AM.
Les groupes européens ont pris conscience de ces dangers et doivent maintenant redéfinir leur stratégie. Les acteurs des cycles longs, comme Siemens ou Alstom, doivent d’abord effacer le déséquilibre entre base de coûts et chiffre d’affaires, en accélérant les délocalisations, par acquisitions dans les émergents ou par coopération. A l’instar de l’accord de Siemens avec Shanghai Electric Power Generation (SEPG), prévoyant des restrictions d’importations pour SEPG. L’heure n’est cependant pas non plus à un scénario noir. «Il faut attendre la fin de la dégradation des prix, qui devrait intervenir en 2011, et la reprise des commandes en Europe et aux Etats-Unis», conclut Naomie Hazan.
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