L’épidémie en Chine envoie la valeur des compagnies aériennes au plancher de 2013

L’action Air France-KLM a encore perdu 2,5% hier. La situation reste pourtant très différente de la crise du Sras en 2003
Olivier Pinaud

Tirer des conclusions sur les conséquences économiques possibles de la nouvelle épidémie de grippe aviaire en Chine reste encore difficile. Mais par prudence, les investisseurs ont continué à prendre leurs précautions avec les secteurs les plus exposés, transport aérien et hôtellerie.

Le cours de l’action Air France-KLM a perdu 2,54 % hier, à 6,567 euros. Il avait déjà chuté de près de 8% vendredi. La compagnie aérienne réalise environ 12% de son chiffre d’affaires dans la zone Asie-Pacifique. Le titre du Club Méditerranée a encore lâché 3,03% après les 4% abandonnés lors des trois séances précédentes. Les sites asiatiques assurent à eux seuls 56% du résultat d’exploitation de l’activité village du groupe de vacances, rappelle Cheuvreux.

Jusqu’à présent, l’épidémie n’a engendré aucune recommandation de restriction de voyages comme ce fut le cas en 2003 lors du Sras à la demande de l’Organisation mondiale de la santé. Hier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est d’ailleurs voulue rassurante en indiquant que le virus H7N9, qui a fait 7 morts et contaminé 24 personnes, ne doit pas semer la panique. Elle rappelle que Pékin a pris des mesures drastiques pour enrayer l'épidémie.

Une aggravation de l’épidémie et la mise en place de mesures de restriction de voyages auraient des conséquences directes sur le trafic aérien. Au mois de mai 2003, pic de la crise du Sras, le trafic global des compagnies aériennes avait chuté de près de 6% et de 30% sur la seule zone Asie-Pacifique. Les volumes étaient restés en territoire négatif sur cette zone pendant 8 mois, de février à novembre, rappellent les analystes d’Oddo. Au total, la perte de recette pour les compagnies aériennes européennes avait été estimée à 900 millions de dollars.

«Pour autant, l’impact boursier fut relativement faible et resta contenu sur une période d’un mois», rappelle Oddo. «Au point bas de la crise du Sras, Air France-KLM se traitait sur un ratio valeur d’entreprise sur Ebitda de 3,5 fois», ajoute Natixis. Après les baisses récentes, le ratio de la compagnie aérienne est tombé à moins de 4,8 fois, le plus faible niveau de 2013, appuie le courtier.

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