L’empire du milliardaire brésilien Eike Batista est en voie de démantèlement
C’est la fin d’un règne pour Eike Batista. L’empire du milliardaire brésilien, symbole de l’essor des matières premières bâti sur une constellation de sociétés dont les noms se terminent tous par un «X» représentant la «multiplication des richesses», est en voie de démantèlement. Selon Valor Econômico, Eike Batista et BTG Pactual, la banque d’investissement brésilienne contrôlée par Andre Esteves, ont mis sur pied un vaste plan de restructuration qui verra le milliardaire réduire ses participations dans ses sociétés les plus rentables pour ne plus devenir qu’un actionnaire minoritaire, et fermer les moins rentables. A l’issue de ce plan, Eike Batista verrait sa fortune personnelle fondre de 30 milliards de dollars à son apogée à seulement un à deux milliards.
Et la première pierre de ce plan vient d’être posée cette nuit. Eike Batista a entériné la passation de pouvoir au sein de son groupe électrique MPX à son co-investisseur, le géant allemand E.ON, en cédant son poste de directeur général et en se retirant du conseil d’administration, après avoir annulé une cession d’actions de 1,2 milliard de réaux (410 millions d’euros). «E.ON apprécie la grande contribution d’Eike dans le développement de MPX qui est devenu l’une des sociétés énergétiques les plus importantes au Brésil depuis sa fondation en 2011», a indiqué Jørgen Kildahl, membre du comité de direction d’E.ON qui prend le poste de directeur général par intérim de MPX. Par ailleurs, la production a été suspendue dans sa filiale de minerai de fer MMX, et Bloomberg indique qu’Eike Batista envisage de fermer son activité de construction navale OSX et de vendre des plateformes de production.
Le produit de ces restructurations servira à rembourser intégralement les créances bancaires dans sa filiale pétrolière OGX, principalement des établissements brésiliens, comme la banque publique d’investissement (BNDES), Itau Unibanco, Banco Bradesco ou BTG Pactual, les banques internationales telles que HSBC et Citigroup ne jouant qu’un rôle marginal. En revanche, les créanciers obligataires seront mis à contribution dans le cadre d’une restructuration globale de sa dette qui se monte à 4 milliards de dollars pour des actifs d’à peine 2 milliards. Ils auront ainsi le choix entre un rachat de dette avec décote, et une combinaison de rachat dette et d’échange dette contre actions. L’action OSX a chuté de 88% depuis le début de l’année.
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