L'électrochoc à la tête de Vivendi annonce une radicalisation de la stratégie
Le brusque départ de Jean-Bernard Lévy de la présidence du directoire de Vivendi résonne comme un coup de tonnerre. Inattendu, même si la situation financière depuis le début de l’année avait fait naître des tensions en interne et alimenté la grogne des actionnaires, son départ annonce une radicalisation de la stratégie, sous l’impulsion du conseil de surveillance et de son président Jean-René Fourtou. Et sous l’oeil avisé de Vincent Bolloré, nouvel actionnaire de poids et futur membre du conseil.
Entré à la direction générale en 2002, avant de prendre la tête du directoire en 2005, Jean-Bernard Lévy a contribué au sauvetage puis à la reconstruction de Vivendi. Dans le communiqué officialisant hier soir son départ, le conseil de surveillance a «salué l’action menée» par Jean-Bernard Lévy : sortie du cinéma aux Etats-Unis, développement au Brésil avec GVT, création du numéro un mondial des jeux vidéo et constitution avec SFR du premier concurrent de France Télécom. En six ans, le groupe a engagé 23 milliards d’euros en acquisitions, 2,5 fois plus que le montant des dividendes versés sur la période.
Mais avec le ralentissement de la croissance, et avec la montée de la concurrence dans les télécoms en France et au Maroc, l’agrégation de ces actifs disparates a montré ses limites. En Bourse, le groupe ne vaut plus que 18 milliards d’euros, soit 30% de moins que la valeur de ses actifs. Et face à l’endettement et à la pression sur le cash, Vivendi a dû couper dans son dividende début 2012.
Lors d’un séminaire de direction ce week-end, la divergence entre directoire et conseil de surveillance est apparue au grand jour. SFR, dont Jean-Bernard Lévy avait pris la direction depuis le limogeage de Frank Esser au printemps, est au cœur du débat, assurant à lui seul 40% du résultat du groupe. Appelé par Jean-Bernard Lévy, Michel Combes, ancien de France Télécom et de Vodafone, ne rejoindra finalement pas l’opérateur. Le plan d'économies de SFR sera mené par Stéphane Roussel, DRH de Vivendi. Le directoire sera dirigé par le secrétaire général Jean-François Dubos.
Cette direction intérimaire doit laisser au conseil de surveillance le temps de trouver des remplaçants et d'élaborer plus finement sa stratégie. En faisant bondir de 5,54% le cours de l’action hier, le marché s’attend à des mouvements majeurs, cessions d’actifs ou scission pure et simple. Une forme de déconstruction que Jean-Bernard Lévy ne pouvait pas assumer.
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