Le Tribunal de l’UE prend des décisions contraires en matière d’aides d’Etat
Des aides d’Etat analysées différemment par le Tribunal de l’Union européenne dans deux décisions du 24 septembre. Si Starbucks n’aura pas à rendre des aides de l’Etat néerlandais, Fiat Chrysler devra rembourser les avantages fiscaux indus au Luxembourg. Sous réserve que ces décisions ne soient pas cassées par la Cour de Justice de l’UE. Des décisions d’autant plus lourdes de conséquence que le Tribunal doit se prononcer dans les prochains mois sur l’emblématique dossier Apple. La Commission européenne a demandé en 2016 au groupe américain de rembourser à l’Irlande 13 milliards d’euros d’avantages fiscaux.
En 2015, Bruxelles avait ordonné aux Pays-Bas de récupérer l’aide, estimée de 20 à 30 millions d’euros, versée à Starbucks, jugée incompatible avec le marché intérieur. Pour le Tribunal, la Commission était bien en mesure de vérifier si le niveau de prix pour les transactions avalisé par le fisc néerlandais correspondait à celui qui aurait été négocié dans des conditions de marché. En revanche, le Tribunal estime que la Commission n’est pas parvenue à démontrer l’existence d’un avantage économique pour Starbucks.
Toujours en 2015, la Commission européenne a considéré que le ruling fiscal (rescrit fiscal ou décision anticipative) du Luxembourg en faveur de Fiat Chrysler constituait une aide d’Etat, évaluée entre 20 et 30 millions d’euros, et devait être remboursée. Le Tribunal a confirmé hier la décision de la Commission, estimant que cette dernière n’a pas procédé à une «harmonisation fiscale déguisée», mais simplement regardé si ce ruling fiscal donnait à son bénéficiaire un avantage par rapport à une imposition «normale». Or, la Commission considère que les modalités d’application de la méthode transactionnelle de marge nette avalisées par le rescrit fiscal étaient erronées et que l’intégralité des capitaux propres de la filiale concernée de Fiat Chrysler aurait dû être prise en compte et qu’un taux unique aurait dû être appliqué. Aussi, pour le Tribunal, la Commission a considéré à bon droit que le rescrit conférait un avantage à Fiat Chrysler au motif qu’il entraînait une diminution de sa charge fiscale par rapport à celle dont il aurait dû s’acquitter en application du droit fiscal luxembourgeois. En outre, le Tribunal considère que la récupération de l’aide n’est pas contraire au principe de sécurité juridique ni aux droits de la défense. Fiat Chrysler a simplement précisé que cette affaire était peu importante pour le groupe.
Plus d'articles du même thème
-
Les déclarations de soupçon émanant des notaires sont en forte progression
La profession réglementée se distingue avec une hausse de 64 % de ses signalements à Tracfin, dans un contexte de mobilisation croissante contre le blanchiment de capitaux. -
Les données personnelles des actionnaires ne doivent pas être rendues publiques
Saisie par la Lettonie, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) vient de préciser les limites de la transparence que peut exiger un Etat de l’Union. -
Meta transige pour 16,68 milliards de dollars et s'évite un procès historique
L’éditeur de Facebook et Instagram met fin à un imposant procès fédéral avec un accord annoncé mercredi 26 août. Les géants des réseaux sociaux sont rendus responsables de la crise de la santé mentale chez les jeunes Américains.
ETF à la Une
Amundi dévoile un ETF conçu pour Zenkyoren
- Le potentiel de progression des marchés actions se réduit à peau de chagrin
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Le Crédit Mutuel Arkéa pousse les feux avec Fortuneo
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- La Banque Delubac, toujours en pertes, cherche du capital
Contenu de nos partenaires
-
ConfusionMinistre et soutien d'Edouard Philippe, la double casquette qui gêne de plus en plus
En l'absence de règle claire fixée par Sébastien Lecornu, chaque ministre gère comme il peut les questions liées à la campagne présidentielle. Cela fait naître des critiques internes à Renaissance et crée l'embarras quand la préparation du budget commande l'unité -
Sélection, frais d'inscription, étudiants étrangers : un rapport du Sénat veut rétablir « l'excellence » de nos universités
Fin du droit automatique aux études pour les bacheliers, multiplication par cinq des droits d’inscription, affirmation de frais différenciés pour les étudiants étrangers… Un rapport sénatorial publié ce mercredi propose 10 mesures chocs pour rétablir « l’excellence académique » de l’université. -
EXCLUSIF Retour au réelBudget : le gouvernement devrait fixer sa prévision de croissance à 0,9 % pour 2027
Selon nos informations, l'exécutif va abaisser sa prévision de croissance pour 2027 à 0,9 %, compliquant encore l'équation budgétaire à quelques mois de la présidentielle