Le transport maritime de marchandises peine à se défaire de ses surcapacités
Les dirigeants des grands transporteurs maritimes de containers n’ont pas le moral. Selon le baromètre trimestriel du cabinet de conseil Moore Stephens, l’indice de confiance du secteur est tombé à 5,3 en mai 2015, sur une échelle allant de 1 à 10. Il s’agit du plus faible score enregistré depuis le lancement de cet indice en mai 2008. Il avait déjà été atteint durant les étés 2011 et 2012. Ce pessimisme est confirmé par l’enquête annuelle du cabinet d’avocats Norton Rose Fulbright: 67% des professionnels interrogés jugent négatives les conditions de marché actuelles.
Dans ces deux enquêtes, les transporteurs maritimes continuent de se plaindre des importantes surcapacités dont souffre le secteur, envoyant les prix du fret à la baisse. Malgré un rebond ces derniers jours après six semaines de baisse consécutives, le Shanghai Containerized Freight Index, qui mesure la fluctuation des prix spots à l’export depuis le premier port chinois, a perdu un tiers de sa valeur depuis le début de l’année.
Les surcapacités sont récurrentes dans le secteur maritime, notamment pour les routes Asie-Europe. Mais les transporteurs ont du mal à la résorber. «Les réductions de capacité ont été jusqu’à présent plus tactiques que stratégiques, les transporteurs préférant annuler des lignes plutôt que supprimer définitivement une partie de leur offre», expliquent les analystes de Citi. Maersk, CMA CGM et MSC ont bien tenté en 2013 de régler une partie du problème. Mais le projet d’alliance «P3» des trois plus grands transporteurs mondiaux a été torpillé par les autorités chinoises de la concurrence.
Au premier trimestre 2015, grâce à la forte baisse des prix du carburant en un an, Maersk et CMA CGM, les numéros un et trois mondiaux, sont parvenus à dégager des marges opérationnelles supérieures à 10%. Mais en dessous, les plus petits transporteurs sortent difficilement la tête de l’eau. Or, avec la récente remontée des prix du carburant (+11% depuis le début du deuxième trimestre), il est probable que nombre d’entre eux repassent dans le rouge, entraînant des mouvements de prix irrationnels pour tenter de récupérer des parts de marché. Les analystes de Citi rappellent que, pour les routes Asie-Europe, les prix spots, autour de 243 dollars par tonne équivalent vingt pieds (EVP), ne couvrent plus le coût moyen du carburant, de l’ordre de 300 dollars par tonne EVP.
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