Le transport maritime de conteneurs n’est plus assez rentable pour AP Moller-Maersk
Alors que CMA CGM doit publier cet après-midi ses résultats pour le troisième trimestre 2012, le numéro un mondial du transport maritime de conteneurs, le danois AP Moller-Maersk a jeté un pavé dans la mare. Le conglomérat a en effet décidé de ne plus engager d’investissement de taille dans cette activité au cours des cinq prochaines années afin de consacrer ses moyens au secteur parapétrolier (services et forage) et à la gestion d’équipements portuaires. «Nous avons actuellement suffisamment de capacités pour répondre à la demande du marché», a expliqué au Financial Times Nils Andersen, le directeur général d’AP Moller-Maersk.
La décision du groupe danois, qui détient 16% du marché du transport maritime, rappelle l’ampleur des surcapacités dont souffre le secteur alors que le trafic maritime mondial continue de croître de 3% à 5% même pendant la crise. Des surcapacités qui se concentrent essentiellement sur les trajets entre l’Asie et l’Europe.
Selon les statistiques, les navires assurant ces lignes seraient chargés à moins de 90%. Difficile dans ces conditions de rentabiliser les charges d’exploitation des navires, encore plus avec un pétrole au plus haut, ainsi que les investissements initiaux. Récemment, Soren Skou, le directeur général de Maersk Line, la filiale du groupe danois, a indiqué que, «dans son ensemble, le secteur a dégagé 2% de marge d’exploitation depuis 2005», une «situation intenable pour l’industrie» selon lui.
La division d’AP Moller-Maersk a consacré 18,5 milliards de dollars en capital au transport maritime en 2011, pour un retour négatif de 3,4%. Elle a essuyé 600 millions de dollars de pertes en 2011 et devrait, au mieux, générer un très léger bénéfice cette année. D’où l’impatience des dirigeants et des actionnaires de s’orienter vers ses trois autres métiers beaucoup plus rentables.
La division parapétrolière a par exemple dégagé en 2011 plus de 2,1 milliards de dollars de bénéfices.
Indirectement, la décision d’AP Moller-Maersk pourrait toutefois favoriser les concurrents. L’absence de nouvelles capacités du numéro un mondial dans les cinq prochaines années pourrait contribuer à faire remonter les taux de fret du secteur qui ont chuté de moitié en deux ans malgré un récent rebond.
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