Le titre Gecina pâtit de la sortie de son principal actionnaire

Metrovacesa a convenu de céder à plusieurs investisseurs la totalité de sa part de 27% au capital de la foncière française
Benoît Menou

L’action Gecina a abandonné hier 2,93% à 107,7 euros après l’annonce par le principal actionnaire de la foncière des modalités de sa sortie. L’espagnol Metrovacesa a fait part de contrats de cession avec des investisseurs institutionnels portant sur la totalité de sa participation de 26,74% du capital au prix unitaire de 92 euros. Soit un montant total de 1,55 milliard d’euros. Et ce au bénéfice notamment de Norges Bank, pour 9% du capital, de Crédit Agricole Assurances pour 4,68%, de Blackstone et Ivanhoé Cambridge agissant de concert par le biais d’une filiale détenue conjointement pour 6,92% et d’une société affilié à Blackstone pour 1,46%. Blackstone et Ivanhoé Cambridge détiennent déjà 23,03% du capital, et Crédit Agricole Assurances 8,56%.

Gecina a assuré «se félicite(r)de ces accords», qui à ses yeux «permettent la poursuite de la mise en place d’un nouvel actionnariat, confirmant la pertinence de la stratégie mise en œuvre par la société». Il n’empêche, la sortie attendue de Metrovacesa amène son lot d’interrogations. Le groupe espagnol entend mener à bien les cessions entre fin juillet et fin septembre. Ces opérations restent soumises, comme le souligne le communiqué de Gecina, à des conditions suspensives liées à la restructuration financière de Metrovacesa. Ce dernier a d’ailleurs semble-t-il souhaité assurer la bonne fin de la manœuvre en offrant une décote jugée élevée par le marché hier, afin de récupérer de l’argent frais pour assurer son refinancement. La Société Générale souligne que le prix consenti représente «une décote de 10% par rapport au dernier actif net réévalué triple net de 2013». Ce prix, bien que conforme aux chiffres officieux relevés par la banque ces derniers mois dans la presse espagnole, est «nettement en dessous des valorisations actuelles des concurrents (prime de 14% pour Foncière des Régions, prime de 1% pour Icade)».

Les analystes de la Société Générale mettent en avant que l’Autorité des marchés financiers pourrait «forcer» Blackstone et Ivanhoé Campbridge «à faire une offre sur la totalité des actions de Gecina» auprès des actionnaires minoritaires. Surtout, la banque française s’interroge sur les intentions des deux fonds anglo-saxons. «Ont-ils une vision de court, moyen ou long terme ? Vont-ils conserver ou revendre les activités secondaires de la foncière (immobilier résidentiel, de santé) ?», s’interrogent les analystes.

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