Le titre Gecina pâtit de la sortie de son principal actionnaire
L’action Gecina a abandonné hier 2,93% à 107,7 euros après l’annonce par le principal actionnaire de la foncière des modalités de sa sortie. L’espagnol Metrovacesa a fait part de contrats de cession avec des investisseurs institutionnels portant sur la totalité de sa participation de 26,74% du capital au prix unitaire de 92 euros. Soit un montant total de 1,55 milliard d’euros. Et ce au bénéfice notamment de Norges Bank, pour 9% du capital, de Crédit Agricole Assurances pour 4,68%, de Blackstone et Ivanhoé Cambridge agissant de concert par le biais d’une filiale détenue conjointement pour 6,92% et d’une société affilié à Blackstone pour 1,46%. Blackstone et Ivanhoé Cambridge détiennent déjà 23,03% du capital, et Crédit Agricole Assurances 8,56%.
Gecina a assuré «se félicite(r)de ces accords», qui à ses yeux «permettent la poursuite de la mise en place d’un nouvel actionnariat, confirmant la pertinence de la stratégie mise en œuvre par la société». Il n’empêche, la sortie attendue de Metrovacesa amène son lot d’interrogations. Le groupe espagnol entend mener à bien les cessions entre fin juillet et fin septembre. Ces opérations restent soumises, comme le souligne le communiqué de Gecina, à des conditions suspensives liées à la restructuration financière de Metrovacesa. Ce dernier a d’ailleurs semble-t-il souhaité assurer la bonne fin de la manœuvre en offrant une décote jugée élevée par le marché hier, afin de récupérer de l’argent frais pour assurer son refinancement. La Société Générale souligne que le prix consenti représente «une décote de 10% par rapport au dernier actif net réévalué triple net de 2013». Ce prix, bien que conforme aux chiffres officieux relevés par la banque ces derniers mois dans la presse espagnole, est «nettement en dessous des valorisations actuelles des concurrents (prime de 14% pour Foncière des Régions, prime de 1% pour Icade)».
Les analystes de la Société Générale mettent en avant que l’Autorité des marchés financiers pourrait «forcer» Blackstone et Ivanhoé Campbridge «à faire une offre sur la totalité des actions de Gecina» auprès des actionnaires minoritaires. Surtout, la banque française s’interroge sur les intentions des deux fonds anglo-saxons. «Ont-ils une vision de court, moyen ou long terme ? Vont-ils conserver ou revendre les activités secondaires de la foncière (immobilier résidentiel, de santé) ?», s’interrogent les analystes.
Plus d'articles du même thème
-
Le Conseil constitutionnel renforce la protection des tiers saisis face aux mesures de recouvrement
Saisis d'une question prioritaire de constitutionnalité, les Sages ont invalidé une disposition fiscale permettant de faire peser sur un tiers saisi la totalité de la dette du redevable, consacrant ainsi une application stricte du principe de proportionnalité des peines. -
Une fusion transatlantique se profile dans le secteur des ingrédients
Le britannique Tate & Lyle a accepté une offre d’achat en numéraire de son concurrent américain Ingredion, qui valorise sa cible 3,7 milliards de livres dette incluse. -
Revolut viserait d'ores et déjà 115 milliards de dollars de valorisation
La néobanque britannique envisage une nouvelle cession d'actions existantes, selon Bloomberg. Ce nouveau jalon marquerait une nouvelle hausse de sa valorisation par rapport aux 75 milliards atteints en novembre 2025, en vue in fine d'une introduction en Bourse autour de 200 milliards d'ici à 2028.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
Contenu de nos partenaires
-
Défausse ou défense ?Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin renvoie les magistrats à leurs responsabilités
« S’il y a eu des défaillances, il y aura des sanctions », a prévenu le ministre de la Justice, lundi. Encore faudra-t-il qualifier ces éventuelles fautes -
Affaire Lyhanna, justice criminelle : Gérald Darmanin sur tous les fronts
L'examen du projet de loi sur la justice criminelle a débuté lundi à l'Assemblée nationale, par l'audition en commission des Lois du ministre. Au cœur des critiques que suscite l'affaire Lyhanna, le garde des Sceaux doit désormais s'assurer de l'adoption d'un texte dont le contenu crée la polémique depuis sa présentation -
Noir, c'est noirRetraites : l'avenir s'assombrit encore
Les derniers calculs du Conseil d'orientation des retraites aggravent le solde du système, avec un dérapage du déficit à 2,4 points de PIB en 2070