Le titre Bouygues a peu profité de l’offre de rachats d’actions
L’offre publique de rachat d’actions (Opra) lancée par Bouygues en septembre a connu un grand succès populaire. Un peu plus de 163 millions de titres ont été présentés soit quatre fois plus que la taille de l’offre (44,6 millions d’actions, soit 11,7% du capital). Les demandes de rachat seront donc réduites en proportion pour se conformer à l’Opra. Ces 163 millions de titres représentent 45% du nombre total d’actions Bouygues en circulation et les trois quarts de son capital flottant, sachant que le holding de la famille Bouygues (SCDM) et les salariés du groupe ne participaient pas à l’offre.
Trois actionnaires sur quatre préféraient donc vendre leurs actions à 30 euros plutôt que de rester au capital de Bouygues. Une statistique qui devrait alimenter un peu plus les interrogations de Martin Bouygues sur l’implication réelle des investisseurs. Ce dernier réalise néanmoins une excellente opération patrimoniale. Alors que le montant de l’Opra (1,25 milliard d’euros) est entièrement financé par le groupe Bouygues, la participation au capital de SCDM montera automatiquement une fois les actions annulées, à 21,09% contre 18,63% avant l’annonce de l’offre.
D’un point de vue boursier, le succès de l’opération est en revanche contestable. Entre l’annonce du 31 août et hier, le cours a évolué dans une bande allant de 23,4 à 28,6 euros. Il a fini hier à 24,65 euros, soit à peine 6,8% au-dessus du prix de l’action Bouygues à la veille de l’annonce de l’offre (23,08 euros). L’Opra n’a donc pas permis de combler de façon marquante la décote par rapport aux fonds propres dont souffre le groupe de construction et de communication.
Il faut reconnaître qu’entretemps la situation économique s’est dégradée. Le groupe publie ce soir ses résultats pour le troisième trimestre 2011 mais plusieurs courtiers se sont déjà inquiétés d’un impact possible de la conjoncture et des plans d’austérité. TF1, dont Bouygues détient 43% du capital, a abaissé la semaine dernière sa prévision de chiffre d’affaires annuel. La disparition progressive des dispositifs d’investissement (Scellier…) risque de peser sur l’activité d’immobilier résidentiel. Enfin, et surtout, Bouygues Telecom, premier contributeur aux résultats du conglomérat, aura un nouveau concurrent dans quelques mois avec Free Mobile. Selon UBS, le chiffre d’affaires de la division télécoms de Bouygues pourrait baisser en 2012.
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