Le stock de projets de privatisations a fortement augmenté avec la crise
Les Etats n’ont pas pu compter l’an dernier, comme ils le souhaitaient, sur les privatisations pour réduire leurs déficits publics. Selon les chiffres du «Privatization barometer», étude annuelle réalisée par la fondation italienne Eni Enrico Mattei avec le soutien de KPMG, le montant des privatisations dans le monde, via une mise en Bourse ou une cession privée, a chuté de 57% en 2011 par rapport à 2010, pour tomber à 68,2 milliards d’euros. 2010 était, il est vrai, une année record avec 159,9 milliards d’euros levés par les Etats. Mais 2011 est la plus mauvaise année depuis 2003. L’Union européenne représente seulement 27,9% du montant total, bien en dessous de la moyenne à long terme de 43%.
La crise de la dette souveraine, et ses conséquences négatives pour les marchés boursiers, ont contraint les Etats à revoir leurs plans. Le montant des projets reportés au niveau mondial représente 26 milliards d’euros, dont 12 milliards rien qu’en Espagne avec l’arrêt, au dernier moment, du processus de privatisation de la loterie nationale et des aéroports de Madrid et de Barcelone. Résultat, avec 49 opérations, les pays de l’Union européenne n’ont récolté que 19,5 milliards d’euros, contre 46 milliards en moyenne entre 2004 et 2010, soit le plus faible score depuis 1992.
Pour autant, et alors que les finances publiques ne se redresseront pas sans une reprise de l’économie, les Etats européens auront tôt ou tard besoin de placer leurs actifs sur le marché. Selon le «Privatization barometer», le stock de privatisations à venir représente 124 milliards d’euros. Le nouveau gouvernement grec a par exemple réaffirmé sa volonté de lever au moins 19 milliards d’euros d’ici à 2015. Et si les marchés financiers devaient rester fermés comme actuellement, les Etats pourraient se tourner un peu plus vers les acheteurs privés, comme le Portugal l’a fait récemment avec des acteurs chinois pour céder ses parts dans EDP ou REN.
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