Le spécialiste de l’optronique Photonis rejoint finalement HLD
La vente de Photonis sort de l’impasse. Ardian, propriétaire du spécialiste français de l’optronique, est sur le point de revendre sa participation majoritaire à HLD. L’opération, révélée par Les Echos et confirmée par L’Agefi, s’est nouée sur la base d’une valorisation de 370 millions d’euros. Un crève-cœur pour Ardian, qui avait entamé des négociations exclusives avec l’américain Teledyne il y a près d’un an, autour d’un prix de 500 millions d’euros. Mais les conditions imposées par Bercy pour faire entrer le deal dans le carcan de la souveraineté industrielle avaient amené le groupe coté sur le Nyse à demander un rabais de 15 % sur le prix, soit 425 millions d’euros. Fin 2020, le ministère des Armées avait cependant décidé d’appliquer son veto à l’opération, en raison de « l’insuffisance à assurer la souveraineté de cet actif stratégique sur la durée ». Le groupe de Thousand Oaks avait pourtant accepté le principe d’une entrée de Bpifrance à hauteur de 10% du capital (empêchant de facto l’intégration fiscale) et la création d’un comité de surveillance interne sur les décisions stratégiques.
Avec HLD, la problématique du maintien de la souveraineté ne se pose pas. Contrairement à PAI Partners - autre candidat au rachat de Photonis dans le cadre de l’enchère organisée par Lazard -, la société d’investissement est connue pour avoir une certaine affinité avec les actifs militaires. Depuis 2019, elle est aux commandes de l’équipementier Rafaut, fournisseur historique de commandes de vols et de palonniers pour les avions et hélicoptères de l’armée française.
Pour Photonis, HLD se veut ambitieux. La holding rassemblant notamment les familles Decaux, Dentressangle et Caude Bébéar prévoit en effet de doubler le chiffre d’affaires, à 150 millions d’euros, d’ici sa sortie. Or, celle-ci n’a pas d’échéance de détention et est donc en mesure d’établir des partenariats capitalistiques de long terme. « Il n’en reste pas moins que la sortie de HLD ne se fera pas sans difficulté. Si pour des raisons de souveraineté, les acquéreurs étrangers seront à nouveau exclus, la liste des repreneurs risque d’être très courte », souligne un banquier.
Safran et Thales, qui avaient été sollicités par le gouvernement pour trouver une solution franco-française, n’avaient pas donné suite. L’un et l’autre possèdent le concurrent direct de Photonis, Lynred. Cependant, ACE Capital Partners – notamment sponsorisé par les deux industriels tricolores – s’était positionné dans l’enchère. Sans succès.
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