Le secteur énergétique en Europe est victime des dysfonctionnements du marché
Une réforme profonde est nécessaire pour mettre fin aux perturbations grandissantes affectant les énergéticiens en Europe. C’est l’un des principaux messages de la 15e édition de l’Observatoire européen des marchés de l’énergie, publiée aujourd’hui par Capgemini. Le premier facteur négatif est la crise économique persistante qui a entraîné au premier semestre 2013 une érosion de 1,2% de la consommation électrique en rythme annuel, et de 0,4% pour le gaz.
Avec la mise en œuvre du paquet «énergie-climat» qui prévoit 20% de renouvelables dans la consommation finale d’énergie en 2020, ces sources subventionnées ont poursuivi leur montée en puissance dans l’Union, au détriment des centrales à gaz. La compétitivité de ces dernières a de plus souffert de la hausse des exportations de charbon des Etats-Unis vers l’Europe, ce combustible ayant été évincé par les gaz non conventionnels outre-Atlantique.
Les nombreuses fermetures de centrales à gaz sur le Vieux Continent sont d’autant plus risquées que ces installations sont remplacées par une production éolienne ou solaire par nature volatile. A cela s’ajoute le faible prix des droits d’émission de CO2, qui réduit pour les «utilities» les incitations à investir dans des énergies décarbonnées. Les politiques disparates suivies en matière de nucléaire par les pays de la région compliquent encore leurs choix d’investissement.
L’étude suggère plusieurs pistes de réforme. «Pionnier de la dérégulation dans les années 90, le Royaume-Uni a fixé de nouvelles règles visant à améliorer la gestion de son marché, comme en témoigne l’établissement d’un prix plancher de 16 livres par tonne pour les certificats de CO2 ou l’introduction d’aides fiscales sur les gaz de schiste», relève Colette Lewiner, conseiller du président de Cap Gemini sur l’énergie.
En rémunérant les capacités de production disponibles et l’effacement des industriels, la création de marchés de capacité, coordonnés à l’échelle européenne, «contribuerait à améliorer la sécurité d’approvisionnement, en réduisant l’écart entre l’offre et la demande les jours de pointe de consommation». Un objectif de croissance plus modeste pour les renouvelables permettrait par ailleurs de limiter les subventions associées. Enfin, «une nouvelle conception du marché de détail doit être définie pour mieux rémunérer les investissements indispensables dans les réseaux intelligents», conclut Colette Lewiner.
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