Le secteur du matériel médical se confronte au défi de la taille critique
En affichant pour la troisième année d’affilée une croissance à deux chiffres de leur résultat net en 2011, le secteur du matériel médical (équipements destinés à l’orthopédie, la dialyse, l’hématologie, l’ophtalmologie ou l’aide auditive) a prouvé sa capacité à résister à la crise tant en Europe qu’en Amérique du Nord, montre une étude publiée par Ernst & Young.
Les sociétés européennes cotées affichent en moyenne une croissance de leur chiffre d’affaires deux fois supérieure à celle de leurs homologues américaines. On constate par ailleurs en Europe un faible écart entre le dynamisme de l’activité des spécialistes («pure players») et la performance d’entreprises comme Roche ou Siemens dont une partie seulement de l’activité est liée au domaine des équipements et technologies médicales.
Mais après le mouvement de concentration du secteur qui a caractérisé les 5 dernières années, la taille de l’entreprise semble constituer un facteur de succès. Les leaders européens, dont le chiffre d’affaires excède 1 milliard de dollars, ont ainsi vu leur chiffre d’affaires et leur bénéfice net croître de 11% l’an dernier, alors que sous ce seuil la progression globale de l’activité des intervenants a été nulle.
Compte tenu des politiques de rigueur budgétaire menées en Europe, «de nombreuses petites sociétés auront du mal à résister aux pressions à la baisse sur les prix, à la hausse des contraintes réglementaires et aux problèmes de financement», relève l’étude. Les intervenants européens ont globalement levé l’an dernier l’équivalent de 5,9 milliards de dollars, à 80% par recours à l’endettement. Le capital-investissement n’a financé que 12% du total (en repli de 5% d’une année sur l’autre) et les introductions en Bourse moins de 4%.
A plus long terme, les technologies naissantes (dispositifs pilotés par capteur à distance, applications en réseaux) exerceront une pression grandissante sur l’ensemble des acteurs qui devront démontrer leur capacité à proposer des solutions nouvelles (analyses en temps réel) au meilleur coût, quitte à redéfinir l’approche des soins.
«En repensant la façon dont elles créent de la valeur, les sociétés auront pour mission non seulement de répondre aux besoins de leurs clients traditionnels mais également des consommateurs et des organismes payeurs», conclut l’étude.
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