Le secteur des mines d’or craint la baisse du prix de l’once

Les minières, qui n’ont pas bénéficié en Bourse de la hausse du métal jaune, risquent de voir leur rentabilité d’exploitation baisser en flèche
Alexandre Garabedian

L’or perd de son éclat auprès des investisseurs, et cela n’augure rien de bon pour les groupes miniers spécialisés. Après son plongeon de la mi-avril, l’once a certes rebondi, aux alentours de 1.470 dollars, mais elle se traite encore près de 200 dollars au-dessous de son niveau du 1er janvier, et loin des 1.790 dollars touchés début octobre. Pour les minières du secteur, dont la performance boursière n’avait pas profité de la flambée du métal jaune, la dégradation des perspectives de prix à moyen terme pose problème. Le même raisonnement peut être tenu pour les producteurs d’argent.

«Sur les deux dernières années, les principaux indices or (ndlr: actions) ont sous-performé le prix de l’or de 40%», rappellent les analystes de la Société Générale. Sur trois mois, le secteur affiche une baisse de 27% en Bourse, selon les données Bloomberg. Une partie de la sous-performance des minières peut s’expliquer par la croissance des produits indexés sur l’or, qui sont devenus un moyen de parier sur les cours du métal précieux sans prendre les risques d’exploitation associés aux groupes d’extraction.

Le secteur pâtit aussi d’une hausse de ses charges. Il souffre à la fois d’une inflation des charges d’exploitation courantes et de l’accroissement des dépenses d’investissement nécessaires pour aller trouver des gisements situés dans des régions plus difficiles d’accès. Les coûts du secteur sont passés de 1.224 dollars l’once en moyenne en 2011 à 1.542 dollars en 2012 pour les 14 groupes couverts par la Société Générale, selon les calculs de la banque. Un tarif tout compris: exploration, extraction, maintenance, capex et frais financiers.

«A des prix spots de 1.400 dollars, nous estimons que 10% de la production n’est pas économiquement viable sur une base hors capex, et un peu plus de 90% tous coûts inclus», écrivent ses analystes. Les industriels, qui avaient quelque peu délaissé leur politique de couverture contre une baisse des prix, pourraient à nouveau mettre en place des protections. Mais ils seront surtout attendus sur leurs capacités à maîtriser les capex et les coûts d’extraction.

De ce point de vue, Randgold Resources, coté à Londres et qui publie ses résultats trimestriels le 2 mai, est la minière où l’inflation des charges hors capex a été la plus contenue entre mi-2010 et mi-2012.

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