Le SBF 120 demande davantage d’autorisations financières aux AG 2011
Des entreprises du SBF 120 plus exigeantes vis-à-vis de leurs actionnaires cette année, pour les trois quarts ayant déjà publié leur ordre du jour. Bénédicte Hautefort, ancienne présidente fondatrice d’InvestorSight, qui vient de rejoindre Euro RSCG, a relevé lors d’une table ronde organisée par le groupe de communication financière trois inflexions majeures.
D’une part, les entreprises veulent une plus grande marge de manœuvre financière, en demandant davantage d’autorisations financières (sept en moyenne, contre cinq l’an dernier), avec des enveloppes plus importantes, mais en les argumentant mieux. Elles émettent plus de demandes sans droit préférentiel de souscription (DPS), mais ces dernières sont plus souvent assorties de délai de priorité pour les actionnaires existants. Les sociétés sont aussi plus nombreuses à prévoir des plafonds globaux, constituant des seuils de dilution. Une demande réitérée par l’AFG, l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam), ISS et Proxinvest. Mais aussi les demandes de placement privé (augmentation de capital réservée) se multiplient. Ces dernières résolutions avaient l’an dernier souvent été adoptées à une courte majorité, rappelle Bénédicte Hautefort. Les motivations des augmentations de capital restent «insuffisantes, estime Colette Neuville, la présidente de l’Adam, et ne donnent pas assez de détails sur les risques».
D’autre part, les mesures anti OPA reviennent à la mode. Elles sont proposées par deux tiers du SBF 120 contre 43% en 2009. Le plus souvent, il s’agit de délégation au conseil pour activer des autorisations financières ou autoriser des rachats d’actions en période d’OPA. En revanche, aucun «bon Breton» n’est à l’ordre du jour pour le moment. Si l’AFG, ISS et Proxinvest réaffirment leur opposition à ces différents types de mesure, «dans des situations particulières, notamment avec un cours très déprécié et un capital éclaté, l’entreprise peut se protéger par des bons Breton», ajoute Colette Neuville.
Enfin, sur les rémunérations, deux fois plus de sociétés que l’an dernier proposent des retraites chapeaux pour leurs dirigeants (45%) et demandent des actions gratuites ou de performance pour leurs dirigeants (60%). «Les critères de performance doivent avoir une signification, être mesurables, et mélanger le long terme avec des performances immédiates», conclut Colette Neuville.
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