Le sacrifice du dividende illustre l’ampleur des difficultés opérationnelles de Nokia
Plan d’économies drastiques, cessions d’actifs et d’immobilier et maintenant suppression pure et simple du dividende. Nokia est prêt à tous les sacrifices pour tenter de redresser sa situation financière, la plus acrobatique de l’histoire plus que centenaire du groupe industriel finlandais. Depuis 1989, le fabricant de téléphones mobiles avait toujours versé un dividende à ses actionnaires. Cela était certainement le cas également auparavant, mais la direction de Nokia indique ne pas avoir d’archives fiables pour le démontrer.
Cette rupture historique, qui permettra d’économiser près de 750 millions d’euros cette année, démontre l’ampleur des difficultés de l’ancien numéro un mondial des téléphones mobiles, dont la perte opérationnelle a plus que doublé en un an, pour atteindre 2,3 milliards d’euros au 31 décembre. Si la fin de l’année 2012 a laissé entrevoir une légère amélioration, l’activité opérationnelle du groupe a consommé 354 millions d’euros de cash sur l’ensemble de l’année. Elle avait généré plus de 1,1 milliard d’euros de cash en 2011. Résultat, le matelas de trésorerie nette de Nokia est tombé à 4,36 milliards d’euros fin décembre, 22% de moins qu’un an auparavant.
En supprimant son dividende - le marché s’était fait à cette idée ces derniers mois -, la direction de Nokia montre qu’elle prend à bras le corps la question de la trésorerie. «Nous pensons avoir éloigné les inquiétudes concernant nos liquidités», espère Stephen Elop, le directeur général du fabricant. Mais il doit maintenant démontrer que sa stratégie de relance, marquée par la coopération avec Microsoft dans les systèmes d’exploitation pour mobile, permettra de ramener le groupe dans le vert. D’autant que la légère amélioration au niveau du cash au dernier trimestre est à mettre au crédit de la filiale d’équipements Nokia Siemens Networks.
Les analystes de Morgan Stanley s’inquiètent notamment de l’érosion de la marge brute de la division téléphones mobiles. Malgré le lancement de nombreux appareils «Lumia», censés faire enfin de Nokia un concurrent crédible d’Apple ou de Samsung dans le haut de gamme, la marge brute du groupe a perdu quasiment 2 points en un an pour tomber à 23,9%. Preuve, selon Morgan Stanley, que le finlandais ne bénéficie plus d’aucun «pricing power».
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