Le retour de l’ancien DG de Havas soulève des questions de gouvernance
Partir sans indemnité de départ et revenir quatre mois plus tard pour signer un contrat de services et une clause de non-concurrence, voilà qui a de quoi surprendre! C’est pourtant ce qu’ont conclu Havas et son ancien directeur général, Fernando Rodés.
Selon le rapport semestriel du groupe publicitaire, Fernando Rodés, directeur général de Havas de mars 2006 à mars 2011, a signé le 28 juillet 2011 un contrat de prestations de services avec la filiale espagnole de Havas pour maintenir et développer les activités du groupe, notamment dans la zone ibérique et en Amérique latine. Un contrat en or d’une durée de cinq ans pour une rémunération mensuelle de 166.667 euros, soit 2 millions annuels et 12 millions d’euros sur la période. Or, comme directeur général, Fernando Rodés n’a touché (fixe + variable) que 1,35 million d’euros en 2010 et 1,88 million en 2009! Havas précise à L’Agefi que la rémunération de ce contrat n’est pas fixe et dépend des prestations effectivement rendues. Contrat qui peut d’ailleurs être résilié. Reste qu’il est assorti d’un intéressement à hauteur de 12,5% de l’accroissement de valeur sur cinq ans de l’activité média dans ces mêmes zones.
Parallèlement, Fernando Rodés s’est vu octroyer une clause de non-concurrence de 2 millions d’euros. Or, les recommandations Afep-Medef d’octobre 2008 sur la rémunération des dirigeants de sociétés cotées prévoient expressément que le versement d’indemnités de départ – auxquelles sont assimilées les clauses de non-concurrence – «doit être exclu s’il quitte à son initiative la société». En l’espèce, Fernando Rodés a «présenté sa démission» souhaitant «donner une nouvelle orientation à ses activités […] tout en restant étroitement associé au développement du groupe dans la zone ibérique et Amérique latine».
Havas se défend néanmoins d’avoir méconnu les règles Afep-Medef, auxquelles il a explicitement adhéré en décembre 2008. Le groupe publicitaire rappelle que Fernando Rodés est parti en mars dernier sans aucune indemnité de départ. La clause de non-concurrence ne fait qu’accompagner le nouveau contrat.
Si la lettre des textes est parfaitement respectée, l’esprit l’est-il? Une question qui mérite d’être posée, alors que Havas semble avoir tout mis en œuvre pour que Fernando Rodés ne parte pas à la concurrence, notamment chez le britannique WPP, le leader mondial du secteur.
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