Le retard sur le 787 Dreamliner pèse sur les prévisions 2011 de Boeing
Alors que son rival européen Airbus s’attend à une amélioration progressive de sa rentabilité à partir de 2011, Boeing est lui sur une pente descendante. Le constructeur américain a indiqué hier que ses résultats seront affectés cette année par une hausse des dépenses liées aux retraites, par «le contexte actuel» du secteur de la défense et par le retard du programme 787 Dreamliner. Avec déjà près de trois ans de retard, le nouvel avion du groupe devait enfin sortir des usines dès le premier trimestre de cette année mais un incendie électrique survenu lors d’un vol d’essai en novembre 2010 a contraint Boeing à revoir ses plans pour la septième fois. La sortie de l’appareil est maintenant programmée pour le troisième trimestre 2011.
Le nouveau contretemps du programme phare du constructeur américain était anticipé par le marché. Mais les analystes ne s’attendaient à un impact aussi important sur les résultats. Boeing a indiqué prévoir un bénéfice 2011 compris entre 3,80 et 4 dollars par action, contre 4,45 dollars en 2010, bien en dessous des 4,55 dollars attendus par le consensus Thomson Reuters I/B/E/S. Les charges de retraite ont également fait grimacer le marché. Pour 2011, Boeing prévoit une facture de 1,8 milliard, 172% de plus qu’en 2010.
Aux retards du 787 Dreamliner s’ajoutent ceux du 747-8. En conséquence, Boeing se montre relativement prudent pour sa campagne commerciale 2011. Le constructeur table sur 485 à 500 livraisons cette année, dont 25 à 40 pour les 787 ou 747-8, contre 462 en 2010.
Déçus, les investisseurs peuvent malgré tout se rassurer sur la capacité de Boeing à encaisser cette accumulation de retards. Alors que les difficultés d’Airbus avec son A380 avaient envoyé EADS dans le rouge par le passé, Boeing parvient malgré tout à rester bénéficiaire. Le 737, principal avion en circulation actuellement, et le 777, appareil le plus rentable de la gamme Boeing, assurent le quotidien du constructeur et ont contribué à dégager une marge d’exploitation de 9,4% pour la branche aviation civile. Et la division défense, malgré une baisse de 5% de ses revenus en 2010 à 31,9 milliards de dollars, a dégagé une marge d’exploitation de 9%, en repli limité de 0,8 point.
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