Le reporting intégré dispose désormais d’un cadre de référence

Les entreprises françaises sont de plus en plus nombreuses à étudier ce principe destiné à mettre en avant leur valeur ajoutée
Bruno de Roulhac

L’International Integrated Reporting Council (IIRC) a adopté hier à l’unanimité le cadre de référence du reporting intégré, qui sera publié lundi prochain sur son site. «L’adoption de ce cadre conceptuel destiné à mettre en avant la valeur ajoutée de l’entreprise, à travers ses aspects financiers et extra-financiers, participera à la refondation du mode de pilotage des sociétés et à la restauration de la confiance dans l’économie», confie Philippe Peuch-Lestrade, délégué adjoint de l’IIRC. Cette démarche ne devrait pas se limiter aux entreprises privées, mais aussi concerner le secteur public».

Le reporting intégré «n’est pas une norme, mais davantage une philosophie, explique Jean-Florent Rérolle, associé KPMG. L’objectif n’est plus de repenser l’ensemble des publications, comme envisagé à l’origine, mais de proposer une introduction au document de référence sous forme de reporting intégré, renvoyant pour les détails techniques au rapport annuel, rapport de développement durable, etc.».

D’ailleurs, ces indicateurs n’ont pas besoin d’être financiers. «L’entreprise vient apporter une vision stratégique à moyen terme, dévoiler ce qui fait sa spécificité et expliquer sa création de valeur», ajoute Laurent Choain, associé KPMG. L’objectif premier n’est pas de faire des comparaisons entre sociétés. « Comme investisseur, je regarderai si les indicateurs donnés ne sont pas standardisés, s’ils correspondent bien à la spécificité de l’entreprise et surtout s’ils servent à piloter le groupe», ajoute Jean-Florent Rerolle.

Le marché a besoin d’un minimum de transparence. «Si un émetteur ne veut pas donner sa stratégie, notamment pour ne pas se dévoiler devant ses concurrents, il peut expliquer comment il se situe dans le marché, poursuit Laurent Choain. Il appartient à la société de fixer le bon niveau d’informations à communiquer ».

Actuellement, «un bon quart du CAC 40 a mis en place des groupes de travail sur le reporting intégré, et GDF Suez l’a déjà annoncé, ajoute Laurent Choain. Des premières modifications devraient avoir lieu dans les rapports 2013». Ce mouvement devrait s’accélérer. «Depuis début octobre, la nouvelle réglementation britannique impose aux conseils de donner à leurs investisseurs un ‘strategic report’, qui ressemble beaucoup au reporting intégré», ajoute Jean-Florent Rerolle.

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