Le report du vote sur la cession de Portugal Telecom prolonge l’incertitude sur son avenir
La situation de Portugal Telecom devient de plus en plus inconfortable. Le report au 22 janvier prochain du vote de ses actionnaires, qui devaient se prononcer lundi soir sur l’offre de rachat de 7,4 milliards proposée par Altice, a entraîné hier en séance une chute de 12% de l’action qui a atteint un plus bas de près de vingt ans. Le titre, qui était suspendu depuis vendredi dernier, a finalement terminé sur un repli de 2,4% à 0,70 euro, ce qui confère au groupe une capitalisation boursière de seulement 628 millions d’euros.
La valeur de l’action a ainsi fondu de 19% depuis le début de cette année, et de près de 80% sur un an. Les investisseurs obligataires de Portugal Telecom ont de leur côté fait baisser hier la valeur de sa souche à 20 ans de 1,2 cent à 95,6 cents pour un euro, ce qui a porté le rendement de cette obligation à 5,1%, au plus haut depuis deux mois et demi, selon les données compilées par Bloomberg.
Le report de ce vote a été approuvé par 90% des votants. Il semble logique puisqu’il avait été demandé par le régulateur boursier portugais en raison de pièces manquantes au dossier. Le président du conseil d’administration de la holding PT SGPS, Joao Mello Franco, s’est d’ailleurs engagé à fournir aux actionnaires d’ici dix jours les informations supplémentaires réclamées. Mais ce report prolonge l’incertitude sur l’avenir des actifs portugais du brésilien Oi, suite à son rapprochement avec Portugal Telecom décidé voici plus d’un an. Les actionnaires de PT SGPS détiennent en effet 39,7% du capital de Oi et disposent d’un droit de veto.
La question d’un prêt accordé par Portugal Telecom à une société du groupe Espirito Santo perturbe depuis plusieurs mois la fusion du premier avec Oi, la société débitrice ayant déposé le bilan sans rembourser les 897 millions d’euros prêtés. Le siège de l’opérateur portugais a fait l’objet le 6 janvier d’une perquisition judiciaire dans le cadre d’une enquête concernant une possible fraude. Dans un rapport publié le 8 janvier, le cabinet d’audit PwC a jugé que les procédures de gestion des risques de Portugal Telecom concernant ses investissements financiers de court terme «n’avaient pas été mises en œuvre de manière efficace» et ce rapport faisait justement partie des pièces manquantes à une parfaite information des actionnaires.
Plus d'articles du même thème
-
L’Italie progresse vers la création d’un groupe numérique souverain
Le conseil d’administration de Telecom Italia a approuvé de manière unanime l’offre publique d’achat de Poste Italiane qui valorise sa cible à 10,8 milliards d’euros. -
Le secteur technologique suscite le doute en Bourse
L’indice des valeurs exposées au secteur des semiconducteurs a perdu 20% depuis son pic du 22 juin, actant son entrée en «bear market», tout comme le Kospi coréen. Les investisseurs s'interrogent sur l'opportunité de se positionner sur les puces mémoires, les infrastructures, les hyperscalers, ou des modèles plus légers. -
L’Autorité de la concurrence alerte sur les risques de monopoles dans l’IA appliquée au e-commerce
Face au développement rapide des agents d'intelligence artificielle dotés d’autonomie, l'Autorité de la concurrence a mis en garde dans un avis, publié vendredi 17 juillet, contre le risque de voir quelques grands acteurs comme OpenAI renforcer leur domination sur l'économie numérique et le e-commerce.
ETF à la Une
La Corée du Sud suspend la cotation des ETF à effet de levier
- Les créanciers d’Altice International contre-attaquent
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- L'Inspection générale des affaires sociales dénonce le statut des contrats collectifs en santé
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur du luxe amorce une reprise au deuxième trimestre
Contenu de nos partenaires
-
Think againRoyaume-Uni : Andy Burnham peut-il faire entrer la gauche dans le XXIe siècle ?
Le nouveau premier ministre britannique a certes obtenu des résultats comme maire de Manchester. Mais un Etat ne se gère pas comme une ville, et sa ligne demeure ambiguë -
Courant alternatifFace à la Chine et aux Etats-Unis, les puissances moyennes se réveillent
Porté par le rejet grandissant de la brutalité américaine, le Premier ministre canadien Mark Carney s'est imposé, depuis son discours de Davos, comme le chef de file d'une troisième voie pour peser face à Washington et Pékin -
EditorialParanoïa contre pensée unique : sur les ingérences, un débat devenu fou
La polémique enfle ces derniers jours autour d’un rapport sénatorial sur « la régulation de l’information dans l’espace numérique ». Ses critiques lui reprochent d’emprunter une pente liberticide sous prétexte de lutte contre la désinformation. A raison, au moins en partie.