Le relèvement de l’offre de Royalty Pharma sur Elan pourrait ne pas suffire
Royalty Pharma est prêt à payer le prix fort pour s’offrir Elan. Le fonds d’investissement américain vient une nouvelle fois de relever son offre sur le laboratoire pharmaceutique irlandais, proposant 13 dollars par action en numéraire et un certificat de valeur conditionnelle (CVR) d’un maximum de 2,50 dollars par titre si Tysabri, traitement de la sclérose en plaques, atteint certains objectifs. Tysabri appartient à Biogen, mais Elan perçoit dessus des redevances liées aux ventes. Au mieux, cette offre valorise Elan près de 8 milliards de dollars. Soit une amélioration de l’offre de plus de 20% depuis la première proposition du mois de février.
A l’époque, Elan offrait seulement 11 dollars par action, avant de relever son prix à 12,50 dollars en mai tout en réduisant le taux d’acceptation à 50% plus une action au lieu de 90% précédemment. Un relèvement suivi d’un nouveau rejet d’Elan. Parallèlement, le laboratoire irlandais a tenté comme il le pouvait de contrer l’offre.
D’une part, en proposant de redistribuer à ses actionnaires sous forme de dividendes 20% des futures redevances perçues sur Tysabri. D’autre part, en signant un accord de partage de revenus (de 5% à 20% des ventes) avec Theravance sur quatre traitements de maladies respiratoires en cours de développement, accord pour lequel il a déboursé un milliard de dollars.
Cette offre est «très, très généreuse», estime UBS, tout en doutant que les actionnaires approuvent les propositions de la direction d’Elan, lors de l’assemblée générale du 17 juin prochain. «A première vue, c’est sans doute insuffisant, estime pour sa part Exane BNP Paribas. La bataille s’annonce longue».
Pour l’heure, Elan attend d’étudier cette nouvelle offre avant de se prononcer, et recommande à ses actionnaires d’attendre. Elan se valorise entre 15,50 et 20,80 dollars par action. Néanmoins, dès l’ouverture à New York, le cours évoluait au-dessus de la barre des 13 dollars.
Le CVR d’un maximum de 2,50 dollars sera versé si trois étapes sont atteintes. D’une part, si les autorités sanitaires américaines autorisent l’usage de Tysabri pour une forme chronique progressive secondaire de la sclérose en plaques avant 2017. D’autre part, si les ventes annuelles mondiales de Tysabri atteignent 2,6 milliards de dollars avant fin 2015. Enfin, si le chiffre d’affaires atteint 3,1 milliards avant la fin 2017.
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