Le régulateur met le holà à la concentration des utilities américaines
La concentration dans les services aux collectivités a subi un coup d’arrêt hier aux Etats-Unis et pourrait rendre plus prudents les candidats aux rapprochements. La Commission du service public du District de Columbia (Washington D.C.) a provoqué la surprise en rejetant l’acquisition de Pepco Holdings par Exelon Corporation. Cette opération, d’un montant de 6,8 milliards de dollars, aurait créé le premier distributeur d’électricité aux Etats-Unis.
Mais la commission a estimé que la fusion n’irait pas dans le sens de l’intérêt général. «Pepco deviendrait une entreprise de deuxième ordre dans un groupe de taille beaucoup plus importante et dont l’intérêt principal n’est pas la distribution, mais la production d’électricité», a justifié sa présidente Betty Ann Kane au cours de l’audition, ajoutant que cette décision était l’une des plus importantes qu’a dû prendre la commission. Parmi les reproches, le rapprochement aurait provoqué la hausse des tarifs pour les consommateurs et aurait ralenti la progression de l’énergie renouvelable dans la région.
Pepco, avec 4,8 milliards de dollars de revenus, fournit 2,2 millions de clients à Washington, dans le Delaware, le Maryland et le New Jersey. Exelon a réalisé toutes activités confondues 27 milliards de dollars de revenus en 2014; il affiche dans l’activité de distribution 7,8 millions de clients dans le Maryland, l’Illinois et la Pennsylvanie.
L’autorité était la dernière barrière à franchir pour valider l’opération, annoncée en avril 2014. Celle-ci avait déjà reçu l’aval des agences des Etats du Delaware, du Maryland, du New Jersey et de la Virginie, ainsi que de la Commission fédérale de réglementation de l’énergie. Il reste également à savoir si la décision annoncée hier peut exercer une influence sur l’examen de l’opération menée par le département de la Justice.
Exelon et Pepco, qui se sont déclarés déçus par cette décision, ont trente jours pour faire appel. Ils n’ont pas encore indiqué leur position. Pour Exelon, un échec aurait des conséquences financières: il devra racheter 2,75 milliards de dollars d’obligations sur les 4,2 milliards de titres émis en juin pour financier l’opération. Les souches 10, 20 et 30 ans bénéficient d’une clause de remboursement si l’acquisition n’est pas achevée en 2015.
Les deux valeurs ont lourdement chuté en Bourse. L’action Exelon a clos la séance en baisse de 6,9% (à 30,4 dollars), tandis que Pepco s’est effondré de 16,5% (à 22,5 dollars), perdant jusqu’à 19,8% en journée.
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