Le refinancement de la dette des autoroutes d’Eiffage devrait coûter un peu plus cher

Le groupe a engagé le processus de refinancement des 3,6 milliards d’euros de dette bancaire nette de sa filiale Eiffarie
Olivier Pinaud

Les Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR) auront du mal à tenir leur objectif annuel de croissance. Au troisième trimestre 2011, le trafic du réseau autoroutier détenu par Eiffage et Macquarie a progressé de 0,7%, un chiffre relativement conforme aux attentes. Depuis le début de l’année, la croissance s'élève à 1,2%. En revanche, le groupe de concessions a expliqué avoir constaté des signes de ralentissement en fin de trimestre dans le trafic des poids lourds. Conséquence, les analystes jugent de plus en plus irréaliste l’objectif d’une hausse de 2,6% du trafic en 2011. «Cela supposerait un pic soudain que ni la base de comparaison ni la tendance récente ne laissent présager», indique Josep Pujal chez Kepler. L’atteinte de cet objectif «sous-entend une croissance de 7,8% au dernier trimestre», calculent les analystes d’Oddo.

Récemment, Pierre Berger, qui a pris la direction générale d’Eiffage cet été, s’est dit attentif à l’évolution de la conjoncture. Le carnet de commandes du groupe de BTP, à des niveaux historiquement hauts, assure près d’une année d’activité. Mais un dérapage du trafic des concessions aurait un effet sensible sur les résultats d’Eiffage. APRR représentait au premier semestre 15% du chiffre d’affaires du groupe de construction et surtout 80% de son résultat opérationnel courant.

Autant dire que l’indicateur de trafic est surveillé de près par la direction du groupe de BTP. Encore plus depuis qu’elle a engagé mi-septembre avec ses banques le processus de refinancement de la dette bancaire d’Eiffarie, le holding commun avec Macquarie à la tête d’APRR. Selon une source proche, les documents ont été transmis aux banques ces derniers jours afin de permettre de procéder à l’appel d’offres dans le courant du mois de novembre. Eiffage et Macquarie sont conseillés par Rothschild.

La direction d’Eiffage se veut confiante sur la réussite du processus même s’il est probable que le groupe doive payer un peu plus cher sa dette en raison de la crise financière actuelle. «Nous pensons qu’il sera en mesure de refinancer la dette d’Eiffarie avec un surcoût supportable, de l’ordre de 250 points de base», indique l’analyste de Kepler. Au 30 juin, la dette nette bancaire d’Eiffarie s’élevait à 3,6 milliards d’euros. Elle arrive à échéance en février 2013. Le coût financier net des concessions s’élevait à 314 millions d’euros au premier semestre.

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