Le refinancement de la dette de la Saur devient plus que jamais nécessaire

Avec une chute de 10,5% de son Ebitda, le distributeur d’eau a cassé un covenant. Séché n’a pas l’intention de souscrire à une augmentation de capital
Olivier Pinaud

Jamais, dans son histoire récente, la Saur n’avait connu une telle contraction de son excédent brut d’exploitation. Au premier semestre, il a chuté de 10,5% pour retomber à 81,3 millions d’euros. La longue période de froid en début d’année a contraint l’exploitant de réseaux d’eau à multiplier les interventions sur ses équipements, provoquant un dérapage des coûts. Les investissements commerciaux ont également pesé.

Conséquence de la dégradation de l’Ebitda, la Saur ne respecte pas au 30 juin l’un de ses trois ratios de crédit (covenants). Malgré un endettement stable à 1,67 milliard d’euros, le ratio dette nette sur Ebitda culmine à 8,83 fois, au-dessus de la limite fixée à 8,4 fois. «Il n’y a pas de stress particulier du côté des banques mais cela renforce la priorité d’un refinancement de la dette», explique une source proche du dossier. Ouvertes depuis plusieurs mois, les réflexions devraient s’accélérer dans les prochaines semaines, alors que l’échéance de la dette est fixée à 2014.

«Il n’y a aucun problème de liquidité à la Saur et nous avons le temps pour étudier les différentes options», a rassuré hier Jean Geissler, le directeur financier de Séché Environnement, deuxième actionnaire de la Saur avec 33% du capital. Le solde est détenu par le Fonds stratégique d’investissement pour 38%, et à 29% par les fonds Axa PE et Cube Infrastructure.

Séché, qui n’a pas pu exercer en mai 2012 son option pour acheter 18% du capital supplémentaire face à l’opposition des autres actionnaires, a réaffirmé qu’il n’a pas l’intention de souscrire à une éventuelle augmentation de capital de la Saur. Le groupe de traitement des déchets considère désormais sa participation comme un investissement purement financier qu’il pourrait être amené à céder afin de se concentrer plus fortement sur ses métiers originels. «Il n’y a ni calendrier, ni prix. Aucun acheteur ne s’est manifesté et nous ne privilégierons pas le temps par rapport à la valeur», a précisé Jean Geissler.

Compte tenu de la dégradation du marché depuis l’entrée au capital de la Saur en 2007, la valeur de la part au capital a été fortement dépréciée dans les comptes de Séché. Elle est négative à hauteur de 25 millions d’euros. En revanche, les 33% d’obligations convertibles également détenues par le groupe (8% d’intérêt et d’échéance avril 2027) sont valorisés 180 millions d’euros.

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