Le refinancement d’Alcatel-Lucent devient de plus en plus urgent
L’urgence commence à monter chez Alcatel-Lucent. A la suite d’un très mauvais troisième trimestre, marqué par une perte d’exploitation de 181 millions d’euros et un cash flow négatif de 360 millions d’euros, la direction de l’équipementier en télécoms a reconnu réfléchir plus activement à des cessions d’actifs. Aucun nom n’a été dévoilé mais les divisions entreprise, industries stratégiques et réseaux sous-marins font partie des candidats possibles à une vente.
Celles-ci sont placées depuis la réorganisation opérationnelle du groupe mi-septembre sous l’autorité du directeur financier, Paul Tufano. A fin septembre, Alcatel-Lucent portait une dette nette de 84 millions mais a besoin de liquidités importantes pour financer son activité.
Compte tenu d’une position devenue plus marginale au sein de l’équipementier, la branche entreprises semble être la plus menacée. Ses ventes sont estimées à environ 750 millions d’euros pour 2012, avec une marge d’exploitation autour de l’équilibre ou légèrement négative. Les analystes de Credit Suisse calculent que, sur la base du rachat par Avaya des actifs de Nortel en 2008 (0,4 fois les ventes) et de la valorisation d’autres acteurs comme Netgear (0,8 fois les ventes), le prix de la division oscillerait entre 250 et 650 millions d’euros. La monétisation du portefeuille de brevets, alors que l’accord conclu avec RPX début 2012 n’a pour l’instant rien donné, pourrait également faire rentrer quelques centaines de millions d’euros supplémentaires dans les caisses.
L’essentiel des échéances d’Alcatel-Lucent se trouve en 2014 (588 millions d’euros) et en 2015 (1 milliard) mais le groupe risque d’avoir à rembourser, en juin 2013, 586 millions d’euros si les détenteurs de l’emprunt obligataire convertible Lucent (à 2,875%) exercent leur option de rachat. Les cessions d’actifs permettraient de couvrir cette option tout en facilitant les discussions en vue de refinancer les autres emprunts.
Le directeur financier a indiqué vendredi que le groupe étudiait plusieurs pistes, de dette ou de levée de capital. Par ailleurs, le groupe discute avec ses banques en vue de mettre en place une nouvelle ligne de crédit revolving alors que celle en cours, pour un montant encore disponible de 837 millions d’euros, s’éteint le 5 avril 2013.
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