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Le recentrage sur l’Europe de Vodafone comporte de nombreux risques
Le recentrage sur l’Europe de Vodafone comporte de nombreux risques
L’opérateur britannique disposera de plus de 20 milliards de dollars en cash pour procéder à des acquisitions dans les réseaux fixes
Publié le
Yves-Marc Le Réour
La cession des parts de Vodafone dans Verizon Wireless aux Etats-Unis va considérablement accentuer l’exposition de l’opérateur britannique au Vieux Continent à partir du printemps prochain. En tenant compte du rachat concomitant des 23,1% détenus par Verizon dans Vodafone Omnitel en Italie, les analystes de Natixis estiment «qu’environ 80% de l’excédent brut d’exploitation du groupe seront réalisés en Europe», un marché en contraction depuis plusieurs années. De ce fait, «la prime dont bénéficiait Vodafone du fait de son exposition au marché américain en croissance devrait disparaître», ajoutent ceux-ci.
Disposant de 54 milliards de dollars reçus en numéraire après avoir payé 5 milliards au fisc américain, Vodafone reversera 23,9 milliards en cash à ses actionnaires. Compte tenu d’investissements industriels équivalents à 9,3 milliards de dollars annoncés sur 3 ans, il lui restera donc presque 21 milliards pour effectuer des acquisitions potentielles en Europe, afin de renforcer sa position concurrentielle dans les réseaux fixes.
Le marché a déjà spéculé sur un rachat du câblo-opérateur américain Liberty Global, bien implanté aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Allemagne. Les analystes de BoA-Merrill Lynch jugent néanmoins une telle initiative peu probable, car cela pourrait bloquer le rachat en cours de Kabel Deutschland par l’opérateur britannique, en conduisant à une concentration trop importante du secteur outre-Rhin. Ils ajoutent que cette acquisition «ne permettrait pas à Vodafone de lancer des offres ‘quadruple play’ en Italie et en Espagne», qui figurent parmi ses principaux marchés dans la région. La prise de contrôle d’opérateurs alternatifs comme Jazztel ou Ono en Espagne, ainsi que Fastweb en Italie, serait sans doute moins compliquée à mettre en œuvre.
Mais ces opérations «seraient également source d’incertitudes ayant trait à la prime payée ou au risque d’exécution», ajoute-t-on chez Natixis.
Quant à la probabilité que Vodafone devienne lui-même la cible d’un acteur étranger comme AT&T, elle semble assez faible compte tenu des difficultés actuelles rencontrées par America Movil dans ses investissements en Autriche (Telekom Austria) ou aux Pays-Bas (KPN). Le contexte réglementaire est enfin loin d’être figé, Bruxelles devant annoncer dans une semaine ses propositions relatives à l’établissement d’un marché unifié dans les télécoms.
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