Le rally boursier va passer au révélateur des résultats des entreprises

Alors que l’indice a bondi de 15% en moins de trois mois, sept groupes du CAC publient cette semaine leurs résultats semestriels ou annuels
Olivier Pinaud

Bouygues, L’oréal, Accor, Carrefour, Vivendi, Pernod-Ricard, Essilor. Pas moins de sept groupes du CAC 40 annonceront cette semaine - dès demain pour Bouygues et L’Oréal -, leurs résultats semestriels (annuels pour Pernod-Ricard). Une affluence qui permettra de confronter le récent rally de l’indice de la Bourse de Paris, en hausse de 15% depuis le début du mois de juin et de 6% depuis le 1er juillet, avec la situation financière et les perspectives des principales entreprises françaises.

Etonnamment, au regard du comportement de la Bourse, les analystes n’attendent pas des merveilles de la part des industriels. La prévision de résultats des entreprises du CAC 40 pour 2012 a encore été abaissée de 3,3% au cours des trente derniers jours. En six mois, le consensus a été amputé de 8,1%. Les attentes pour 2013 ont été abaissées de 1,7% le mois dernier. Au final, le bénéfice des groupes du CAC 40 devrait plier de 5% en 2012, avant un rebond espéré de 12% en 2013. Leur chiffre d’affaires est attendu en légère croissance en 2012 (+2%) et en 2013 (2,8%).

La situation est relativement identique en Europe, avec une nouvelle réduction de 2% du consensus de bénéfices pour les groupes du Stoxx 600, et des abaissements de prévisions supérieurs au nombre de relèvements pour le 17e mois consécutif. «La dégradation provient des marges, ce qui est relativement sensé, celles-ci étant encore il y a peu à leur plus haut historique de ces trente dernières années», explique Matthew Gilman chez UBS. La marge d’exploitation moyenne des entreprises européennes non financières approche actuellement 10,5%, contre un pic de 12,1% fin 2011, et une moyenne sur trente ans de 9,2%.

Mais cette résistance peut-elle durer? La dégradation de plus en plus prononcée de l’économie mondiale, de l’Europe vers l’Asie, pèse sur le rythme de croissance du chiffre d’affaires et pourrait alimenter dans les prochaines semaines la baisse des bénéfices des groupes industriels. Toutefois, comme le rappellent les stratégistes d’Exane BNP Paribas, une grande partie des marges élevées des entreprises provient de la bonne tenue des coûts du travail. Si ceux-ci restent contenus, et en ce sens la crise joue contre l’inflation salariale, les marges ont de grandes chances de rester au-dessus de leur moyenne de long terme.

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