Le rachat du turc TAV vire au cauchemar pour Aéroports de Paris
Un troisième aéroport verra la jour à Istanbul et viendra directement concurrencer la plateforme acquise à prix d’or par le groupe français en 2012
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Olivier Pinaud
Le rachat il y a un an de 38% du capital groupe turc TAV Airports vire au cauchemar pour Aéroports de Paris (ADP). L’aéroport Ataturk d’Istanbul, la principale plate-forme des onze gérées par TAV, sera prochainement concurrencé par un nouvel aéroport, le troisième de la principale ville turque. L’appel d’offre lancé par le gouvernement a été remporté par un consortium de groupes de BTP. Candidat, TAV a préféré renoncé au final, tout comme l’allemand Fraport, pour des raisons financières.
Le troisième aéroport d’Istanbul, qui ambitionne de ravir la première place mondiale à Atlanta avec six pistes et 150 millions de passagers par an attendus à terme, devrait entrer en service au plus tôt début 2018, soit trois ans avant la fin de la concession de TAV pour l’aéroport d’Ataturk. ADP estime son manque à gagner à 300 millions d’euros maximum. Conformément aux accords signés au moment de son entrée au capital de TAV, le groupe français espère recevoir une compensation financière de l’Etat turc, de l’ordre de 80%. Son montant définitif devrait être fixé par des experts désignés en commun. ADP pourrait revenir indirectement sur le dossier si les vainqueurs de l’appel d’offres, tous des groupes de BTP, venaient à chercher un opérateur pour gérer la plate-forme.
Cet échec ravive les interrogations sur les conditions de l’entrée d’ADP au capital de TAV en mars 2012, payée 874 millions de dollars à l’issue d’une compétition fratricide avec Vinci. Un prix jugé excessif à l'époque mais qui l’est encore plus aujourd’hui. Or, la menace de ce troisième aéroport était parfaitement connue. Désireuse d’accélérer la présence à l’international du groupe et d’utiliser une partie de ses ressources excédentaires, la direction d’ADP a poussé pour réaliser la première acquisition d’ampleur du gestionnaire de Roissy.
Arrivé aux commandes d’ADP fin 2012, Augustin de Romanet gère aujourd’hui ce dossier, même si son prédécesseur à la tête du groupe, Pierre Graff, a été volontairement maintenu au conseil d’administration de TAV. Cet échec risque de peser lourdement sur la politique d’expansion d’ADP au moment où le groupe est positionné, avec des alliés, sur les appels d’offres pour les aéroports de Rio de Janeiro et de La Guardia. Il devrait pousser ADP à se montrer extrêmement prudent.
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