Le rachat des résines de Total ne compromettra pas le bilan d’Arkema
Scindé de Total depuis 2006, Arkema s’apprête à réaliser sa plus importante opération de croissance externe en tant qu’entité indépendante. Le groupe chimique a en effet annoncé hier le projet de rachat d’une partie des activités résines de son ancienne maison-mère pour une valeur d’entreprise de 550 millions d’euros. Il renforcera ainsi son degré d’intégration dans la filière acrylique et sa présence sur les marchés émergents d’Asie. Conseillé par RBS pour cette opération normalement bouclée d’ici juin 2011, le pétrolier français poursuit de son côté «le recentrage de sa chimie de spécialité».
Si Arkema ne communique pas sur le montant du rachat consacré à la reprise de la dette, une porte-parole du groupe interrogée par L’Agefi a précisé que le prix d’acquisition, jugé «équitable» équivaut «à un multiple d’environ 6,7 fois l’excédent brut d’exploitation attendu en 2010 pour ces activités». Cette acquisition sera financée sur une ligne de crédit de 1,1 milliard d’euros expirant en 2013, disponible à hauteur d’environ 70%, à laquelle s’ajoute le produit d’une émission obligataire de 500 millions d’euros réalisée par Arkema le mois dernier. Le groupe maintient donc son objectif, communiqué voici deux semaines, d’un ratio d’endettement net sur fonds propres inférieur à 40%. Standard & Poor’s a d’ailleurs confirmé la note de crédit long terme BBB- du groupe chimique, assortie d’une perspective stable.
La transaction concerne «près de 1.750 salariés répartis sur une vingtaine de sites et treize pays». Elle porte sur un chiffre d’affaires net de 750 millions d’euros (850 millions moins 100 millions de ventes internes). Le pôle revêtements (Cray Valley, Cook Composites & Polymers) destiné aux marchés de la peinture et de l’emballage devrait croître de 3% par an en moyenne, tandis que les résines «photoréticulables» (Sartomer) utilisées dans l’optique, l’électronique ou les arts graphiques, ont un potentiel de croissance annuelle estimé à 6%.
A l’horizon 2015, ces deux segments devraient donc générer des ventes nettes de 900 millions avec une marge brute d’exploitation de 14%. Grâce à de fortes synergies de R&D et de marketing, la transaction devrait avoir un effet relutif sur le bénéfice par action «dès la première année pleine» de son intégration, indique Arkema.
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