Le rachat de Vector Aerospace met EADS sur le chemin de la croissance externe
C’est à travers sa filiale Eurocopter Holding qu’EADS va s’emparer du canadien Vector Aerospace, avec lequel le groupe européen était entré en négociations exclusives la semaine dernière. Le prix de 13 dollars canadien par action, payé en numéraire, correspond à une valeur boursière de 450 millions d’euros, ce qui en fait la plus importante acquisition d’EADS depuis sa création en 2000. Ce prix représente «une prime de 15% par rapport au cours de clôture de vendredi dernier sur la Bourse de Toronto», mais l’action avait déjà progressé de plus de 50% depuis début décembre, au moment où l’équipementier canadien avait annoncé examiner «des alternatives stratégiques afin de créer davantage de valeur pour ses actionnaires».
La réalisation de la transaction, recommandée par le conseil d’administration de la cible, est soumise à l’aval des autorités réglementaires et à l’obtention d’au moins 66% du capital du groupe canadien. Ce seuil devrait être facilement atteint puisque «environ 60% des actionnaires de Vector se sont engagés à apporter leurs titres à l’offre». Vector devra verser le cas échéant à Eurocopter une indemnité de rupture de 9 millions d’euros.
Si le chiffre d’affaires acquis (environ 400 millions d’euros en 2010) représente seulement 8,2% de celui d’Eurocopter, il correspond au quart de ses ventes actuelles dans son activité de support et services. Ce rachat lui apportera «un haut niveau d’expertise, spécialement dans les partenariats public-privé destinés à la maintenance de la flotte gouvernementale», indique Lutz Bertling, directeur général d’Eurocopter, en soulignant la complémentarité entre le réseau mondial de ses filiales et les implantations de Vector.
Yan Derocles, analyste chez Oddo Securities, estime que pour EADS l’opération «sera relutive de 2,6% au cours des trois trimestres restants de 2011 et de l’ordre de 2% en 2012». L’entité rachetée, dont l’endettement net est quasi-nul, conservera son autonomie de gestion pour éviter toute confusion entre la fabrication d’hélicoptères et l’activité de services.
«EADS n’a pas épuisé sa capacité à faire des acquisitions», a indiqué son président exécutif Louis Gallois. Confrontée à l’atonie de ses marchés domestiques, sa division Cassidian (défense et sécurité) a ainsi déclaré vouloir se développer en Inde, au Brésil et au Moyen-Orient, en privilégiant la création de coentreprises.
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