Le rachat de T-Mobile USA par AT&T sera passé au crible de la régulation
Le projet de rachat de la filiale mobile de Deutsche Telekom par AT&T aux Etats-Unis fera l’objet d’un examen particulièrement attentif de la FCC (Federal Communications Commission), qui supervise le secteur des télécoms outre-Atlantique, ainsi que du département américain de la Justice.
Conduisant à une part de marché proche de 39% contre 31% pour l’actuel leader Verizon Wireless, ce rapprochement conduira à «des prix plus élevés, moins de choix et d’innovation», juge Gigi Sohn, présidente de Public Knowledge, agence qui défend les intérêts des consommateurs dans le numérique. «La concentration accrue des services de téléphonie mobile pèse essentiellement sur les consommateurs», renchérit le sénateur démocrate Herb Kohl, président de la sous-commission parlementaire de la politique antitrust.
La FCC devrait être d’autant plus sensible à ces arguments qu’elle avait l’an dernier critiqué le secteur concernant des contrats d’exclusivité passés avec des fabricants de portables, dénonçant par ailleurs des frais d’interconnexion préjudiciables à la concurrence. Quant au département de la Justice qui avait ordonné en 1984 la scission de l’ancien monopole AT&T en huit sociétés distinctes («Baby Bells»), il a assisté depuis dix ans à la reconstitution d’un marché de plus en plus oligopolistique, avec AT&T de nouveau numéro un.
Point positif, en favorisant le partage de ressources sur des réseaux utilisant la même technologie cellulaire, ce rachat contribuerait à différer l’allocation de nouvelles fréquences, indispensables au développement d’applications multimédias mais de plus en plus difficiles à trouver. Le fait qu’AT&T ait accepté de verser à l’opérateur allemand, en cas d’échec de la transaction, une indemnité de 3 milliards de dollars, accompagnée de la cession de certaines fréquences et d’un accord d’itinérance, «témoigne de sa confiance quant à l’approbation des autorités réglementaires», relèvent les analystes de RBS.
Pour obtenir cet aval, AT&T devrait être contraint de céder des actifs, mais aussi «d’étendre son réseaux dans les zones rurales ou de proposer à des opérateurs locaux des accords d’itinérance, afin d’accroître la pénétration d’internet aux Etats-Unis comme le veut l’administration démocrate», pronostique Roger Entner, analyste chez Recon Analytics à Boston.
Plus d'articles du même thème
-
Carlsberg prépare la mise en Bourse de sa filiale indienne
L’opération, réalisée sous forme confidentielle, pourrait s’élever à 700 millions de dollars en incluant la cession de titres existants. -
Les actions coréennes approchent du bear market
L’indice Kospi a encore perdu près de 8% ce jeudi affecté par les chutes de Samsung et SK Hynix après des informations de Meta et Apple. -
L’inflation reste au plancher en Suisse
L’indice des prix s’est stabilisé sur un mois en Suisse en juin, et progresse de seulement 0,5% sur un an, tandis que l’inflation sous-jacente demeure limitée à 0,3%, l’un des niveaux les plus faibles du monde développé.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Contenu de nos partenaires
-
Histoire d'eauDérèglement climatique : le fleuve Indus remet le feu aux poudres entre le Pakistan et l'Inde
Islamabad craint les conséquences dévastatrices du phénomène El Niño, et remet sur la table la question du traité de partage des eaux avec son voisin -
Tribune libreLa loi de 1901 sur les associations demeure aujourd’hui l'une des plus modernes de notre République
« Dans le débat public, les associations sont aujourd’hui trop souvent traitées comme la variable d’ajustement des politiques budgétaires » -
Guerre en Ukraine : la saignée de l'armée russe continue
Selon un centre de recherche américain, l’armée russe a subi 1,4 million de pertes (tués, blessés ou disparus) depuis le lancement de son invasion en février 2022 et recule sur le terrain ces derniers mois