Le rachat de T-Mobile USA par AT&T ne semble plus tenir qu’à un fil

Une juge a accordé un délai d’un mois à l’opérateur américain pour revoir les conditions de son offre, minée par l’aspect concurrentiel
Benoît Menou

Annoncé en mars dernier pour 39 milliards de dollars, soit près de 30 milliards d’euros, le rachat par AT&T de la filiale américaine de téléphonie mobile de Deutsche Télekom, T-Mobile USA, reste la plus importante opération de fusion-acquisition dévoilée en 2011. Las, les palabres, en premier lieu autour du délicat sujet de la concurrence (l’opération devant réunir les numéros deux et quatre du secteur), traînent en longueur et la transaction pourrait bien ne jamais voir le jour. Tout du moins à une échelle aussi ambitieuse.

Hier, la juge Ellen Segal Huvelle a accordé aux partis, AT&T et le ministère de la justice, le report au 18 janvier de l’audience devant examiner une éventuelle atteinte à la libre-concurrence posée par la transaction. Une audience jusqu’alors prévue ce jeudi. AT&T gagne ainsi un mois de réflexion, ayant jusqu’au 12 janvier pour confirmer ou non auprès du tribunal son projet d’acquisition dans un document, dont la présentation en audience est fixée au 18 janvier. Le 24 novembre déjà, AT&T avait retiré sa demande d’accord auprès du régulateur du secteur des télécoms, son président ayant fait savoir qu’il songeait à demander une étude en détail de la transaction envisagée qui pourrait durer une année.

Cette demande de report approuvée hier par la juge de Washington pourrait être un aveu que la transaction initiale ne se fera pas. Elle a précédemment indiqué que les discussions devaient faire intervenir ensemble le ministère de la justice et l’autorité de la concurrence. AT&T doit maintenant chercher à négocier tant avec le ministère de la justice qu’avec Deutsche Telekom pour trouver une solution de remplacement. Le groupe chercherait à céder à des opérateurs régionaux jusqu’à 40% des actifs de T-Mobile USA. «Nous cherchons activement à évaluer s’il nous faut ou non, et dans quelle mesure, revoir les conditions de notre projet afin d’obtenir les approbations réglementaires nécessaires» a tenu à signaler l’opérateur télécoms américain hier, laissant pour la première fois apparaître publiquement l’éventualité d’une révision de l’accord annoncé au printemps dernier. Les négociations avec l’interlocuteur allemand sont également cruciales, le coût d’un abandon du projet se chiffrant en milliards de dollars. Le mois dernier, AT&T a indiqué inscrire une provision de 4 milliards de dollars correspond à l’éventuelle indemnité de rupture à verser à T-Mobile USA.

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