Le rachat de la part de Dentsu ouvre de nouvelles perspectives à la trésorerie de Publicis
Sayonara. Dentsu s’est définitivement retiré du capital de Publicis. Le groupe de publicité a racheté vendredi la participation résiduelle de son partenaire japonais. Le bloc de près de 3,9 millions d’actions, soit environ 1,85% du capital, a été acquis pour 181,4 millions d’euros. Le prix de 46,82 euros par action fait ressortir une décote de 4,7% par rapport au dernier cours de jeudi soir. Dentsu était entré au capital de Publicis en 2002 lors du rachat de l’agence américaine Bcom3 par le groupe français. Il a détenu jusqu’à 15% du capital. Ce départ ne remet pas en cause les deux coentreprises détenues par les deux groupes: Beacon Communications et Dentsu Razorfish.
Les titres acquis seront conservés en autocontrôle et utilisés pour couvrir divers plans de stock-options et d’attributions de titres aux salariés. Comme le précédent rachat d’actions à Dentsu en février 2012, Publicis finance cette opération avec sa trésorerie. Selon le groupe, l’opération aura un effet positif sur le bénéfice net par action dilué de l’ordre de 1,5% en 2013 et de 1,7% en année pleine.
En un an, Publicis a ainsi consacré 825 millions d’euros pour racheter la participation résiduelle de Dentsu, soit quasiment l’intégralité d’une année de cash-flow opérationnel. La fin de ces rachats d’actions devrait ainsi libérer une part importante de la trésorerie disponible du groupe. Selon les analystes de Morgan Stanley, d’ici à fin 2015, Publicis pourrait accumuler 1,2 milliard d’euros de cash flow libre, après investissements, dividendes et acquisitions.
Interrogé la semaine dernière sur ce «problème de riche» lors de l’annonce des résultats annuels du groupe, Maurice Lévy, le président du directoire de Publicis, a rappelé le caractère familial de la société et sa volonté de conserver un matelas de trésorerie suffisant pour procéder à des acquisitions. Mais face aux flux de trésorerie à venir, la direction prévoit de relever le taux de distribution des bénéfices à 35% d’ici 3 à 5 ans contre 27% en 2012. Morgan Stanley calcule qu’appliqué à la hausse attendue du bénéfice sur cette période, cela pourrait entraîner un quasi-doublement du dividende d’ici à 5 ans.
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