Le rachat de Kinetic marque le plus gros LBO de l’année aux Etats-Unis
Donné pour cible d’un rachat par effet de levier depuis plusieurs semaines, Kinetic Concept a fini par céder aux sirènes du non coté. Le fabricant américain de technologies médicales a accepté le 13 juillet d’être racheté par un consortium d’investisseurs pour près de 5 milliards de dollars en cash. Apax Partners est à la manœuvre, avec l’appui des fonds de pension Canada Pension Plan Investment et Public Sector Pension Investment Board. Le consortium propose 68,50 dollars par action, soit 6,2% seulement de prime sur le cours de clôture du 12 juillet, et 21% par rapport au cours moyen du mois précédant le 5 juillet, lorsque Bloomberg avait fait état de l’intérêt d’un autre fonds de private equity, Blackstone.
En incluant la dette de la société, l’opération se monte à 6,3 milliards de dollars (4,5 milliards d’euros). Il s’agit du plus gros LBO de l’année aux Etats-Unis, et donc, dans le monde. La transaction constituera aussi le plus gros public-to-private (retrait de cote à l’initiative de fonds).
Morgan Stanley, Bank of America et Credit Suisse se sont engagés à apporter la dette d’acquisition. Morgan Stanley est également le conseil financier du consortium, qui s’est appuyé pour la partie juridique sur Simpson Thacher Bartlett. La cible, elle, a eu recours aux conseils de JPMorgan et des cabinets d’avocats Skadden Arps et Cox Smith Matthews.
Créé en 1976, Kinetic est un spécialiste des lits d’hôpitaux et du traitement automatisé des plaies. Introduite sur le Nasdaq en 1988, la société avait déjà fait l’objet d’un LBO et d’un retrait de la cote en 1997, avant de revenir en Bourse sept ans plus tard. Le groupe a dégagé en 2010 un bénéfice net de 256 millions de dollars pour un chiffre d’affaires d’environ 2 milliards, mais ses perspectives de croissance s’assombrissent en raison d’une concurrence accrue sur son produit phare.
D’autres offres pourraient pourtant surgir. Kinetic Concepts dispose en effet d’une période de 40 jours durant laquelle «il peut solliciter et encourager des propositions alternatives auprès de tiers», selon le communiqué. Le courtier Collins Stewart estimait mercredi qu’une surenchère d’un fonds pourrait se faire entre 73 et 76 dollars par action. De quoi gonfler encore le montant du LBO de l’année.
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