Le rachat de Celesio accélère la concentration des services à la santé

L’américain McKesson va débourser 6,1 milliards d’euros dette incluse pour acquérir le groupe allemand contrôlé par la famille Haniel
Yves-Marc Le Reour

La consolidation transatlantique entre répartiteurs pharmaceutiques va franchir une nouvelle étape avec la prise de contrôle, pour 6,1 milliards d’euros dette incluse, de l’allemand Celesio par le leader américain McKesson. Recommandée par le directoire et le conseil de surveillance de la cible, la transaction prévoit le rachat pour 23 euros par action de la part de 50,01% détenue par la holding familiale d’investissement Franz Haniel & Cie, et le lancement d’une offre publique à prix identique sur le solde du capital.

Ce prix, que les analystes de Kepler Cheuvreux jugent acceptable, «correspond à un ratio de valeur d’entreprise sur excédent brut d’exploitation de 10,7 fois estimé pour 2013», soit «une décote de 8,5% par rapport au multiple de 11,7 fois payé l’an dernier par l’américain Wallgreens pour le rachat de 45% des parts du britannique Alliance Boots», ajoutent-ils. Conseillé par Citigroup pour cette opération, Celesio a vu hier son cours de Bourse grimper de 5,4% à 22,9 euros.

L’offre publique inclut le rachat de deux souches obligataires convertibles de maturité respective octobre 2014 et avril 2018, ce qui entraînera une augmentation de 18% du nombre total d’actions en circulation. Etant donné que la réalisation de la transaction est soumise à l’obtention d’au moins 75% du capital sur une base totalement diluée, ces mêmes analystes ont calculé que «57% de l’ensemble des actions en circulation devra être apporté à l’offre pour atteindre le seuil requis», en tablant sur un risque mineur d’échec.

«Le financement initial de l’opération sera fait via le cash de l’acquéreur et un prêt relais, la structure définitive dépendant du niveau final d’apport à l’OPA», notent les analystes crédit de CM-CIC Securities, en ajoutant que McKesson, noté Baa2 par Moody’s et A- par S&P et Fitch, s’est engagé à maintenir sa dette en catégorie investissement. Le groupe américain table sur des synergies annuelles de 275 à 325 millions de dollars (200 à 240 millions d’euros) à partir de la quatrième année suivant la clôture de la transaction, attendue au premier trimestre 2014.

En mettant la main sur son homologue allemand, qui dispose de 132 centres de répartition dans 14 pays européens, McKesson, conseillé par Goldman Sachs, devrait voir son chiffre d’affaires croître d’environ 20% à plus de 150 milliards de dollars, tout en augmentant sa capacité à négocier avec les grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux.

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