Le rachat de BMC Software confirme la reprise des LBO aux Etats-Unis
Les méga-LBO se poursuivent à un rythme soutenu outre-Atlantique depuis le début de l’année. Après le rachat de Heinz par Berkshire Hathaway (le fonds de Warren Buffett) et 3G Capital pour 28 milliards de dollars en février, et le projet de reprise de Dell par son fondateur Michael Dell avec SilverLake pour 24,4 milliards de dollars, un consortium de fonds d’investissements mené par Bain Capital et Golden Gate Capital vient de mettre la main sur BMC Software pour 6,9 milliards de dollars (5,3 milliards d’euros). Ce dernier, concurrent notamment d’Oracle et de SAP, était sous la pression du fonds activiste Elliott Management, actionnaire à hauteur de 9,6% du capital. Il militait pour la vente du groupe depuis l’an dernier.
Deux consortiums étaient en lice, KKR et TPG Capital d’une part, et Bain Capital, Golden Gate Capital, GIC Special Investments et Insight Venture Partners, d’autre part. Ce dernier a emporté la mise en offrant 46,25 dollars par action en cash, dans le bas de la fourchette de 45 à 49 dollars évoquée par le marché ces dernières semaines. Soit une prime de seulement 1,8% par rapport au cours de vendredi, mais l’action a déjà pris 15% depuis le début de l’année, légèrement plus que le marché actions américain. Au niveau actuel, le groupe se traite sur un ratio valeur d’entreprise sur Ebitda 2013 de 7,83, en ligne avec le ratio d’Oracle, selon les données Bloomberg. «Bain paie environ neuf fois le cash flow attendu pour 2014, ce qui semble raisonnable», ajoute un analyste d’Evercore Partners.
Le conseil de BMC a approuvé cette offre à l’unanimité et Elliott s’est engagé à apporter ses titres. «Cette transaction représente l’aboutissement d’un effort activiste qui a débuté à l’été 2012 avec le concours fructueux de proxy permettant à Elliott d’avoir deux sièges au conseil de BMC», s’est félicité Elliott. Pour Bob Beauchamp, PDG de BMC, «l’opportunité de devenir une société privée nous offrira une plus grande flexibilité et nous permettra d’investir plus stratégiquement au service de l’innovation et de nos clients», a expliqué Bob Beauchamp, PDG de BMC. Le groupe devrait en effet quitter la cote.
L’offre n’est soumise à aucune condition de financement. Credit Suisse, RBC Capital Markets et Barclays, conseils des acquéreurs, assureront le financement. Pour sa part, BMC est conseillé par Morgan Stanley et BoA Merrill Lynch.
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