Le projet de coentreprise entre Solvay et Ineos va être scanné par Bruxelles
La Commission européenne a annoncé hier soir l’ouverture d’une enquête approfondie sur un projet de coentreprise entre le chimiste belge Solvay et son concurrent suisse Ineos, afin de vérifier que le rapprochement envisagé est conforme aux règles de l’Union sur les concentrations. Cette coentreprise, dont la création a été annoncée le 7 mai dernier, deviendrait le deuxième producteur mondial de PVC derrière le japonais Shin-Etsu, avec un chiffre d’affaires estimé à 4,3 milliards d’euros. Elle doit employer près de 5.650 personnes réparties dans neuf pays.
L’objectif affiché par les deux groupes est d’obtenir une taille critique permettant de diminuer les frais de transport et de marketing au sein d’une industrie qui souffre de la hausse des coûts de l’énergie et de certaines matières premières. La situation des fabricants de PVC en Europe est d’autant plus délicate que «les producteurs américains disposent d’un avantage considérable sur les marchés d’exportation grâce au faible prix des gaz de schiste», relève Paul Hodges, président du cabinet de conseil International EChem.
L’enquête concernera surtout le polychlorure de vinyle, utilisé dans la fabrication de conduites, ainsi que l’hypochlorite de sodium, nom scientifique de l’eau de javel, deux marchés sur lesquels «les deux sociétés occupent une position clé», souligne l’exécutif européen qui craint un risque de hausse des prix consécutif à une moindre pression concurrentielle, en particulier dans le Nord-Uuest de l’Europe et au Benelux.
Les concessions offertes par les deux parties n’ont pas apporté «une solution suffisamment bien définie pour atténuer ses craintes», le rôle de Bruxelles étant de veiller «à ce qu’aucun préjudice ne soit causé», a souligné Joaquin Almunia, commissaire européen chargé de la Concurrence.
Solvay et Ineos ont tous deux déclaré prendre acte de la décision de l’exécutif européen «qui intervient après la notification du projet auprès de la Commission en septembre 2013». Les deux entreprises, qui continueront à travailler en étroite collaboration avec Bruxelles, «sont confiants quant à l’obtention de l’autorisation de la Commission», attendue avant le 21 mars 2014, qui permettra de créer «une nouvelle entreprise plus compétitive et durable qui apportera de nombreux avantages à ses clients européens, dans un environnement économique en pleine mutation».
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